À une autre époque, Alfonso Cuaron n'était pas seulement obnubilé par ses images et ses mises en scène incroyables, se souciant réellement de ses histoires et de ses personnages. C'est le cas sur A Little Princess, où une fillette perd ses privilèges à la mort de son père. Ce conte sombre mais non dénué d'espoir est d'une rare force dramatique, appelant la fantaisie pour oublier la dureté du monde réel. Le résultat, enchanteur, va droit au coeur. ****
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dimanche 6 janvier 2019
lundi 15 octobre 2018
Films du jour: Roma, Too Late to Die Young (FNC)
Le Festival du nouveau cinéma s'étant terminé hier, voici sans plus tarder quelques mots sur les derniers films vus...
Ils étaient nombreux à vouloir attraper sur grand écran Roma, la fresque la plus personnelle d'Alfonso Cuaron. Sans parler de chef-d'oeuvre comme l'a annoncé la presse depuis son sacre à Venise, il faut avouer qu'il s'agit d'un immense objet d'art, aussi bouleversant que saisissant. Sans doute que l'ensemble est parfois trop posé, appuyé et symbolique (on lorgne vers le néoréalisme italien sans saisir totalement ce souffle de vie, cette authenticité intrinsèque), mais le tout est vite oublié par la densité de certaines scènes et la performance exceptionnelle de Yalitza Aparicio. Et dire que le commun des mortels va vivre ça sur leur téléviseur, Netflix oblige, ce qui est une véritable honte à tous les cinéphiles qui se respectent. ****
Récit d'apprentissage classique au rythme un peu léthargique, Too Late to Die Young de Dominga Sotomayor confronte l'individuel au collectif en abusant parfois des métaphores (l'héroïne qui se ressource... sous une source d'eau, le chien en quête de liberté dont on enlève la chaîne). Il y a pourtant un réel sens de cinéma dans ces cadrages qui évoquent la solitude. Puis il y a la protagoniste qui est un véritable plaisir à voir évoluer. ***
mardi 19 août 2014
Film du jour: Y tu mama tambien
Disponible aujourd'hui dans la prestigieuse collection Criterion, Y tu mama tambien est le film qui a fait connaître au grand public le cinéaste Alfonso Cuaron. Bien avant Gravity et Children of Men, le cinéaste mexicain émoustillait les sens avec ce road-movie sensuel sur deux amis adolescents qui découvrent la vie, l'amour et le sexe. Jamais racoleur, toujours fais et authentique, cette oeuvre vibrante et ensoleillée a marqué beaucoup de cinéphiles à sa sortie en 2001 et 13 ans plus tard, elle est toujours aussi rafraîchissante à revoir. ****
mardi 25 février 2014
Nouveautés en DVD: La vie d’Adèle, Gravity, Watermark, Nebraska
Pour une rare fois cette semaine, on se concentre sur les sorties DVD et Blu-ray qui valent véritablement le détour, pas toutes les productions interchangeables qui donnent l'impression d'avoir perdu son temps.
Ce matin, on rentrer travailler en retard pour aller se procurer La vie d'Adèle d'Abdellatif Kechiche, cette superbe Palme d'Or sur l'amour et le désir de transmettre de deux jeunes femmes. Un chef-d'oeuvre en puissance, autant au niveau de la mise en scène que des thèmes abordés, des choix musicaux que de l'interprétation. Facilement ce que 2013 a offert de plus beau. ****1/2
Puis il y a le fabuleux Gravity d'Alfonso Cuaron qui, sans être aussi exceptionnel dans le confort de notre cinéma maison que devant une immense scène IMAX 3D, demeure un must. L'ambiance est incroyable, la musique donne froid dans le dos, Sandra Bullock est enfin potable et cette histoire qui porte sur la renaissance d'une femme devient de plus en plus riche et complexe au fil des visionnements. ****
Très intéressant documentaire sur l'eau dans la vie de tous les jours, Watermark de Jennifer Baichwal et Edward Burtynsky en met rapidement plein la vue et les oreilles avec ses superbes paysages qui ressemblent à des peintures et son utilisation subtile des effets sonores. ****
Drôle, dramatique et mélancolique tout à la fois, Nebraska est ce très joli road movie en noir et blanc d'Alexander Payne sur un vieil homme malcommode qui arrivera à se rapprocher de ses proches. Le niveau d'émotions atteint rapidement des sommets et Bruce Dern mérite vraiment l'Oscar du meilleur acteur. ***1/2
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samedi 12 octobre 2013
Au cinéma: Gravity, Captain Phillips, Machete Kills, Amsterdam, Romeo & Juliet, The Right Kind of Wrong
Alors que le Festival du nouveau cinéma fait rage, la Terre continue à tourner et les films à prendre l'affiche au cinéma.
La nouveauté la plus intéressante est sur les écrans depuis une semaine. Il s'agit de l'immense Gravity d'Alfonso Cuaron, qui a fracassé le box-office. Ce n'est guère surprenant. Cet huis-clos se déroulant dans l'espace est à la fois une réflexion puissante sur la place de l'humain dans le monde et un film d'action magistral, qu'il faut absolument voir en 3D pour bien profiter du son et de l'image. Sans doute que le scénario n'a pas la finition d'un 2001 ou d'un Solaris, mais il n'a pas la même ambition artistique. Même ceux et celles qui sont allergiques à Sandra Bullock y trouveront leur compte. ****
Recréant l'histoire vraie d'un bateau qui a été attaqué par des pirates somaliens, Captain Phillips bénéficie grandement du style nerveux de Paul Greengrass et de la présence de Tom Hanks. Pourtant, une fois passée la première moitié, le récit commence à s'enliser et à devenir très «américain». Sur le même sujet, l'oeuvre danoise A Hijacking était supérieure. ***
Ce qu'on avait aimé le premier Machete! Sa suite, Machete Kills, toujours réalisée par Robert Rodriguez, n'a pas du tout le même charme. En fait, le sourire se fait rare devant cette parodie qui ressemble davantage à The Expendables et même à Austin Powers. Au moins, il y a quelques apparitions savoureuse... **
L'introduction d'Amsterdam, le premier long métrage de Stefan Miljevic, commence plutôt bien, alors qu'il est question d'une escapade entre gars en Europe. Le retour au pays est pourtant problématique et c'est là que la faiblesse du scénario apparaît au grand jour. Avec ses dialogues plus ou moins inspirés, ses motivations ridicules et ses nombreux fils blancs, l'effort finit par décevoir, ne pouvant ni être sauvé par la qualité de sa mise en scène ou de ses interprètes. **
La génération Twilight a son Romeo & Juliet, gracieuseté de Carlo Carlei, qui prend bien ce qui l'intéresse dans le classique de Shakespeare. Les puristes crieront bien entendu à l'hérésie devant tant de coupes et de facilités. Pourtant, les jeunes filles âgées entre 12 et 13 ans pourront peut-être y trouver leur compte devant cette romance exacerbée qui comporte une superbe trame sonore (pratiquement la même que celle de W.E.) utilisée de façon beaucoup trop abondante. **
Pour une bonne production romantique s'adressant à un large auditoire, on a souvent droit à dix navets sirupeux et stupides. C'est le cas de The Right Kind of Wrong de Jeremiah Chechik, indigeste nanar sur un homme fatiguant qui tombe amoureux d'une femme nouvellement mariée. Tout sonne faux, des situations attendues aux dialogues attendus, en passant par ces apparitions d'ours et ses interprètes mal dirigés. Il ne faut pas avoir honte, lorsque c'est le cas, de sortir un film directement en DVD. *1/2
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