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vendredi 8 mars 2024

Film du jour: Les herbes sèches


Attention: chef-d'oeuvre! C'est le meilleur terme pour résumer Les herbes sèches, le nouvel opus de Nuri Bilge Ceylan qui transcende le simple triangle amoureux pour offrir une réflexion colossale sur la condition humaine. La mise en scène virtuose rivalise avec l'intensité des acteurs, tandis que la longue durée de l'entreprise et le ton verbeux permettent qu'on s'y investisse totalement. ****1/2

samedi 1 décembre 2018

Sorties au cinéma: Le poirier sauvage, New Memories, A Sister's Song, Joueurs, Journal d'une FIV, Prosecuting Evil: The Extraordinary World of Ben Ferencz, The Possession of Hannah Grace

On voyage beaucoup cette semaine parmi toutes les nouveautés au cinéma.

Le poirier sauvage: Injustement écarté du palmarès cannois, cette nouvelle fresque verbomotrice de plus de trois heures du grand cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan traite notamment de la fin des illusions (et plein de choses encore), à travers une mise en scène virtuose et une photographie exceptionnelle. S'il faut s'accrocher pour ne pas être largué, on se retrouve aisément devant un des meilleurs films de l'année. ****
Ma critique

New Memories: Ce documentaire posthume de Michka Saäl sur la photographe de rue Anna J. Gibson s'immisce avec générosité dans la démarche de la Torontoise, qui semble renaître par son art. Le traitement intimiste va droit au coeur et le traitement lié aux images séduits malgré quelques égarements et redondances. ***

A Sister's Song: La réalisatrice Dane Elon est en train de se composer une filmographie pertinente (P.S. Jerusalem, The Patriarch's Room) et elle continue avec cette réflexion probante mais pas encore tout à fait au point sur la foi et la famille, entre intimité et politique. ***

Joueurs: Ce long métrage de Marie Monge débute plutôt bien, avec la naissance d'une passion, à la fois amoureuse (le duo formé de Starcy Martin et Tahar Rahim fait des flammèches) et du jeu. Le récit au demeurant charnel ne tarde cependant pas à exposer ses limites et à se perdre dans ses clichés. **1/2

Journal d'une FIV: En suivant le processus de fécondation in vitro de l'intérieur à l'aide d'un smartphone, ce documentaire éducatif de Raphaëlle Cattreau ne manquera pas de toucher les personnes qui sont dans cette situation. Sauf que le manque de recul et la narration assommante empêcheront quiconque d'autre d'y trouver son compte. **1/2

Prosecuting Evil: The Extraordinary World of Ben Ferencz: Cette hagiographie dans les souvenirs d'un des procureurs du procès de Nuremberg intéressera à coup sûr les amateurs d'histoire. Il ne faut toutefois pas s'attendre à découvrir quelque chose de nouveau. Et comme le traitement enchaîne les têtes-parlantes et les archives usuelles, on se sent davantage à la télévision qu'au cinéma. **1/2

The Possession of Hannah Grace: Il n'y a vraiment rien de transcendant au menu dans ce nouveau film de possession qui se déroule cette fois dans une morgue, alors que les rares éléments intéressants (le travail sur le silence et les ombres) sont laissés de côté, au profit d'un suspense inopérant. Au lieu de trembler de peur, on finit par hurler de rire... *1/2
Ma critique

mardi 7 avril 2015

Nouveautés en DVD : Sommeil d’hiver, A Most Violent Year, The Voices, Finding Vivian Maier, Arrête ou je continue, Les maîtres du suspsense, Les yeux jaunes des crocodiles

Lorsque deux grands films prennent l'affiche en format dvd et blu-ray, on sabre le champagne. Cela tombe bien, c'est le cas cette semaine.


Superbe chef-d'oeuvre où la condition humaine d'une famille est mise à mal, Sommeil d'hiver de Nuri Bilge Ceylan s'est mérité la Palme d'Or. Avec raison. Une fresque impressionnante, autant au niveau de ses thèmes que de sa forme. ****1/2

Le rêve américain aura rarement été aussi fascinant que dans A Most Violent Year de J.C. Chandor,  une création étincelante sur un homme qui cherche à s'élever socialement. Un très grand plaisir de cinéphile. ****

Film noir qui fait beaucoup sourire malgré sa superficialité, The Voices de Marjane Satrapi rappelle qu'un homme qui parle à son chien et à son chat n'est pas totalement sain d'esprit. ***

Documentaire généralement intéressant sur un grand artiste inconnu qui n'en n'est peut-être pas un, Finding Vivian Meir de John Maloof et Charlie Siskel se plaît à manipuler son spectateur. ***

Mathieu Amalric et Emmanuelle Devos jouent un autre couple au bord de la crise de nerfs dans Arrête ou je continue de Sophie Filières, un long métrage inégal mais assez cinglant qui rappelle Desplechin. ***

Les maîtres du suspense de Stéphane Lapointe aurait dû être un succès avec ses stars, son sujet et son humour. L'effort est toutefois inégal, ce qui peut expliquer sa déconfiture. **1/2

Un casting soigné ne peut sauver Les yeux jaunes des crocodiles de Cécile Telerman, l'adaptation morribonde d'un livre à succès. Oubliable. **1/2

vendredi 16 janvier 2015

Sorties au cinéma : Sommeil d’hiver, Force majeure, American Sniper, Escobar: Paradise Lost, The Wedding Ringer

On a encore affaire à une belle semaine de cinéma avec la sortie d'un chef-d'oeuvre et d'un très bon film.

Dernière Palme d'Or et classique en devenir, Sommeil d'hiver est certainement la création la plus maîtrisée de Nuri Bilge Ceylan, qui propose 3h16 minutes de grand cinéma sur la condition humaine. Oui, c'est parfois verbeux et ces échanges entre les personnages semblent sans fin, mais le résultat est tout simplement exceptionnel. ****1/2

Hilarante chronique familiale sur un père qui est près à sauver son cellulaire plutôt que ses enfants, Force majeure de Ruben Östlund pose d'excellentes questions sur le couple et l'engagement. Dans la verve des fresque d'Aki Kaurismäki, mais avec encore plus de symboles. ***1/2

S'il y a une oeuvre surestimée, c'est bien le American Sniper de Clint Eastwood, qui plonge le très bon Bradley Cooper dans l'enfer de la guerre. Pas que le films soit mauvais. C'est simplement qu'il s'agit d'une copie inférieure et superficielle de The Hurt Locker. Et dire que le long métrage a obtenu plein de nominations aux Oscars... **1/2

Une fiction réaliste sur le baron de la drogue Pablo Escobar et l'amoureux candide de sa nièce, cela aurait pu donner quelque chose d'intéressant. Escobar: Paradise Lost d'Andrea Di Stefano accumule malheureusement les clichés. Malgré une forte composition de Benicio del Toro, l'effort n'est pas très bien réalisé et il manque d'impact dramatique. **1/2

Énième comédie sur les duos mal assorties, The Wedding Ringer est une immense leçon de morale sur la nécessité d'avoir des amis et de vivre pleinement sa vie. Entre deux clins d'oeil (à Speed et The Usual Suspects), il y a un récit laborieux, des comédiens qui cabotinent et des gags qui font à peine sourire. **

Je n'ai malheureusement pas pu insérer Paddington et le Black Hat de Michael Mann dans mon horaire, mais je me promets d'en parler sur ce blogue avant leurs sorties en DVD et en Blu-ray.

lundi 22 septembre 2014

Film du jour: Les climats

Véritable Antonioni moderne, Nuri Bilge Ceylan sonde l'âme et la lassitude humaine dans Les climats, où deux anciens amoureux sont incapables de reconnecter au monde qui les entoure. Doté d'un rythme lent et patient qui épouse les saisons en changement et de paysages d'une illustre beauté, ce long métrage porté par des acteurs sidérants de vérité et par une réalisation d'une précision incroyable sera difficile à oublier et ce, même si le maniérisme n'est pas totalement évacué. ****

mardi 6 août 2013

Film du jour: Uzak

Avec ses lenteurs assumées, son rythme qui incite l'introspection et sa méditation sur la solitude et la vie en société, il y a toujours de magnifiques choses qui émanent du cinéma de Nuri Bilge Ceylan. Uzak ne fait pas exception dans sa façon d'analyser la cohabitation entre un homme qui aime encore son ex et une lointaine connaissance qui est à la recherche d'un travail. La mélancolie n'est pas exempt d'humour, la composition magistrale des deux protagonistes est impressionnante et on sent aisément tout le travail apporté aux images qui sont tout simplement superbes. ****

mardi 26 juin 2012

DVD: Once Upon a Time in Anatolia, The Artist, Accident, Mirror Mirror, 21 Jump Street, La nuit des enfants rois, Wanderlust, Rendez-vous avec un ange, Wrath of the Titans, Gone, A Thousand Words

En ce mardi, journée fétiche de sorties dvd et blu-ray, les nouveautés sont nombreuses, alors il faut bien choisir pour ne pas perdre temps et argent.

Once Upon a Time in Anatolia: Film policier absurde du grand cinéaste Nuri Bilge Ceylan, pour un septième art qui sort de l'ordinaire. ****

The Artist: Le grand gagnant des derniers Oscars est un formidable pastiche en noir sur l'époque du muet. Un must. **** (critique)

Accident: Présentée à Fantasia il y a quelques années, cette production de Johnnie To est un récit intelligent et divertissant, à savoir si les accidents existent. ***1/2 (critique)

Mirror Mirror: L'histoire de Blanche-Neige est reprise et détournée à la façon de Shrek. Cela donne quelque chose d'extrêmement original. *** (critique)

21 Jump Street: Un long métrage rigolo comme tout, qui doit beaucoup à sa chimie entre Jonah Hill et Channing Tatum. ***

La nuit des enfants rois: Sans aller au fond de ses sujets dantesques, cette animation pour adolescents et pour adultes est suffisamment intrigante pour mériter le détour. *** (critique)

Wanderlust: Psychotropes, répliques cultes et légèreté font généralement bon ménage dans cette comédie très inégale qui met en vedette Paul Rudd et Jennifer Aniston. **1/2

Rendez-vous avec un ange: On aime beaucoup Isabelle Carré et Sergi Lopez. Ils ne sauvent toutefois pas cet essai trop précieux de la banalité. **1/2 (critique)

Wrath of the Titans: Une suite presque aussi décevante que l'originale, qui prouve que des belles images ne font pas un bon scénario. ***

Gone: Amanda Seyfried est une bonne actrice, mais elle devrait mieux choisir ses projets. Sinon cela donne quelque chose d'invraisemblable et de ridicule. **

A Thousand Words: Un autre navet de la part d'Eddie Murphy.

samedi 10 mars 2012

Il était une fois en Anatolie, Friends With Kids, Roméo Onze, John Carter, Salmon Fishing in the Yemen, Silent House, A Thousand Words

Les semaines passent, amenant avec elles leur lot de films intéressants et de productions douteuses.

C'est pourquoi au sein des nombreuses sorties, il ne faut pas passer à côté de Il était une fois en Anatolie, la nouvelle fresque de Nuri Bilge Ceylan qui traite par l'absurde l'errance d'hommes qui cherchent un cadavre. Un opus maîtrisé de A à Z qui fascinera les cinéphiles les plus exigeants avec ses plans parfaits.

Hilarante comédie indépendantes nos voisins du sud, Friends With Kids de Jennifer Westfeldt reprend le canevas des meilleurs amis qui décident d'avoir un enfant sans s'engager. Oui, la finale est attendue et consensuelle, mais jusque-là, le rire se veut extrêmement prononcé.

Premier long métrage d'Ivan Grbovic, Roméo Onze est un récit d'apprentissage sur un jeune homme qui apprendra à rejoindre le monde réel. Derrière ces contours classiques se trouve un beau récit, simple et très bien joué, qui va droit au coeur.

Superproduction de plusieurs centaines de millions de dollars, John Carter est le premier effort d'Andrew Stanton avec des acteurs réels. Le divertissement qui évoque Star Wars et Avatar n'est pas le plus original (il s'agit encore d'une princesse à sauver), sauf que l'ensemble est terriblement spectaculaire.

Féroce satire qui se mute un peu maladroitement en romance kitch, Salmon Fishing in the Yemen de Lasse Hallstrom se laisse tout de même regarder avec plaisir grâce aux jeux survoltés de Kristin Scott Thomas et d'Ewan McGregor.

Remake américain qui n'a pas le charme de l'original, Silent House de Chris Kentis et Laura Lau est un film horrifique tourné à l'aide d'un seul plan séquence. Si la composition et le décolleté d'Elizabeth Olsen est dans le ton, le scénario et ses nombreux incohérences (et clichés) peinent à convaincre.

Peu importe ce qu'il touche, Eddie Murphy semble être condamné à la médiocrité. L'histoire se répète dans l'affligeant A Thousand Words de Brian Robbins où il n'a que 1000 mots à dire avant de mourir. Un concept intéressant qui est exploité dans le mélo et les morales les plus éculées.