mercredi 30 juin 2010

Retour sur Twilight: Eclipse


En compagnie de Toy Story 3 et de Iron Man 2, le troisième épisode de Twilight est probablement le film le plus attendu de l'été. Pas mal pour une bluette d'adolescents qui parle toujours de la même chose (est-ce que Bella va choisir son beau vampire ou son ami loup-garou?).

Avec David Slade dans la chaise du réalisateur, Eclipse se veut nettement plus satisfaisait que le précédent New Moon. Les personnages sont mieux développés, les scènes d'action ont plus de sens et il y a enfin un peu d'humour!

Cependant, les failles de la série apparaissent assez rapidement. Le rythme ne supporte pas assez de blabla et l'intérêt disparaît assez rapidement. Surtout que l'histoire ne possède pas beaucoup de surprises et que les dialogues chutent parfois dans l'insignifiance. Rajoutez à cela des comédiens mieux dirigés mais au talent incertain (comme Taylor Lautner) et vous obtenez une suite un tantinet plus stimulante qui aurait cependant pu être beaucoup mieux.

Ma critique complète se retrouve ICI. Sans doute qu'un 3/5 pourrait paraître généreux, mais comme New Moon avait eu 2/5 et que je ne pouvais mettre 2,5/5, alors j'ai arrondi à 3 pour être gentil.

mardi 29 juin 2010

Le ruban blanc, Lucidité passagère, Crazy, Le petit Nicolas, Percy Jackson, The Crazies, Hot Tub Time Machine


Les sorties de la semaine en dvd se résument à un seul titre: Le ruban blanc de Michael Haneke. Un véritable chef-d'oeuvre austère et fascinant sur la montée du nazisme à travers une série d'épreuves qui ébranlent un petit village comme les autres. Visuellement splendide et d'une rare férocité, cette Palme d'Or amplement méritée s'avère aisément le meilleur film de l'année.

Une fois revenue sur terre, il est possible d'attraper Lucidité passagère, l'adaptation cinématographique d'une populaire pièce de théâtre. Satisfaisante, le récit explore les peurs, les joies et les destins de quelques personnages qui cherchent leur place dans le couple et dans la société.

À ne pas confondre avec l'excellent essai de Jean-Marc Vallée, Crazy de Rick Beiber relate les exploits du musicien Hank Garland dans le Nashville des années 1950. Bien que terriblement classique et sans grande surprise, ce long métrage convainc par sa recréation d'époque, le soin apporté à la musique et l'apport de ses interprètes (Waylond Payne et Ali Larter).

Sympathique mais oubliable divertissement sur le célèbre héros de bande dessinée, Le petit Nicolas de Laurent Tirard dépayse par son ton bon enfant, ses personnages savoureux et sa riche palette de couleurs. Reste un effort bien sage qui a fait explosé le box office français.

Ridiculement drôle, Percy Jackson & The Olympians de Chris Columbus est un mélange satisfaisant d'humour et d'action qui risque de plaire à un jeune public. L'histoire - qui rappelle Harry Potter - n'a aucun sens et les comédiens sont souvent ridicules (la palme revient à Pierce Brosnan), mais en mettant son cerveau à off, il est possible d'en soutirer un certain plaisir.

Remake nerveux d'un opus de George A. Romero sur la destruction d'une petite ville américaine, The Crazies de Breck Eisner possède ses moments forts où la peur et l'effroi ne font qu'un. Dommage que les péripéties ne surprennent guère et que la distribution ne convainc qu'à moitié. Reste de la frousse efficace mais sans grande originalité.

Possiblement le pire navet de 2010, Hot Tub Time Machine de Steve Pink est une excuse idiote pour renvoyer quatre amis dans les années 1980. Jamais drôle ni émouvant, ce ramassis de gags stupides est une insulte suprême pour l'intelligence, la preuve qu'il y a beaucoup trop de mauvais longs métrages qui se font à chaque année.

dimanche 27 juin 2010

Entrevue avec Jennifer Lawrence pour Winter's Bone


Ce vendredi prenait l'affiche le troublant et prenant Winter's Bone de Granik. Il y a quelques semaines, je me suis entretenu avec l'actrice principale Jennifer Lawrence, qui a également été de la distribution de The Burning Plain de Guillermo Arriaga. Comédienne prometteuse, elle porte ici presque la totalité du long métrage sur ses épaules, et cela ne surprendra personne que son nom réapparaisse à l'hiver prochain lors de la prochaine cérémonie des Oscars.

Mon entrevue complète se trouve sur le site électronique du Métro.

vendredi 25 juin 2010

Blissfully Yours, Winter's Bone, Les herbes folles, Le bon la brute le cinglé, Knight and Day, Grown Ups


Superbe fin de semaine de cinéma en perspective avec plusieurs oeuvres extrêmement intéressantes... et un navet en puissance.

Depuis qu'il a remporté la Palme d'Or en mai dernier, le nom du cinéaste Apichatpong Weerasethakul est sur toutes les lèvres. En attendant de découvrir la version longue de Letter to Uncle Boonmee, le Cinéma du Parc prépare une mini rétrospective. Le tout débute avec Blissfully Yours (2002), un opus inclassable sur le pouvoir d'expression de corps perdus. Le récit débute par un très, très long plan fixe à la ville. Le réalisateur prend le temps de présenter et de développer ses personnages, jouant longuement avec la patience du spectateur. Après 45 minutes, le titre apparaît. C'est pour mieux être transporté dans la nature, avec une économie de mots, mais pas d'émotions. L'odyssée presque mystique n'est certainement pas pour toutes les sauces. Sauf que l'originalité et le pouvoir d'émerveillement sont constamment au rendez-vous. Un titre extrêmement fascinant, comme il ne s'en fait presque pas.

Gagnant remarqué de la dernière édition de Sundance, Winter's Bone de Debra Granik prend également son temps pour asseoir son atmosphère. Les cinéphiles patients seront récompensés par une intrigue touchante et intelligente se développant autour d'une jeune fille qui doit véritablement vivre l'Enfer pour sauver ses frères et ses soeurs. La progression déboussole de bout en bout et l'interprétation d'ensemble ravit au plus haut point. Cela ne serait pas surprenant de revoir Jennifer Lawrence aux Oscars tant sa performance est tout simplement exceptionnelle.

Fidèle à ses habitudes, Alain Resnais rassemble sa famille de cinéma (sans Pierre Arditi) en abordant ses thèmes fétiches que sont la tentation et le hasard. Sans être aussi séduisant que ses précédents Pas sur la bouche et Coeurs, Les herbes folles se situe plutôt dans la lignée de Smoking/No Smoking. L'histoire, d'une belle verve littéraire, concerne une femme qui se fait voler son sac à main et l'homme qui arrive à le retrouver. Comme toujours, sa mise en scène est rien de moins que somptueuse, et même si sa prémisse s'égare par moment, il est pratiquement impossible de ressortir de la projection sans avoir un énorme sourire aux lèvres.

Hommage au classique de Sergio Leone, Le bon, la brute, le cinglé est l'exemple parfait du gros blockbuster qui fonctionne à la perfection: il y a de l'action à revendre, beaucoup d'humour, la réalisation aux effets kitch est soignée et l'interprétation demeure toujours dans le ton. Sans doute que cette chasse aux trésors à 3 aurait pu être raccourcie et que la progression se veut répétitive, sauf que le plaisir est de la partie. Les admirateurs du cinéaste Kim Jee-woon (celui à qui l'on doit l'extraordinaire A Tale of 2 Sisters et A Bittersweet Life) seront toutefois un peu déçus de la banalité de l'objet.

Dans un genre pas trop éloigné (des sensations fortes, des explosions et encore plus de poursuites), Knight and Day (critique) de James Mangold fait la job. Tom Cruise et Cameron Diaz s'amusent comme des fous dans ce prétexte un peu rachitique d'un espion qui décide de protéger une jolie demoiselle. Rien de très subtil et beaucoup de violence gratuite au menu. Quoique en y regardant de plus près, seulement cet été, il s'est fait de nombreuses productions beaucoup moins divertissantes que celle-ci.

Que serait une semaine sans un ratage spectaculaire? C'est Grown Ups (critique) de Dennis Dugan qui s'acquitte aujourd'hui de la tâche. Malgré une distribution de haut niveau (Adam Sandler, Chris Rock, Kevin James, David Spade, Rob Schneider), cette comédie pas drôle sur les retrouvailles d'anciens amis croule sous les gags imbéciles, stupides, racistes et sexistes. L'exemple parfait du long métrage qu'il faudrait passer dans les cours de cinéma pour montrer quoi ne pas faire. Une véritable insulte.

jeudi 24 juin 2010

Cinéma pour la Saint-Jean


C'est la Saint-Jean! Même s'il faut le faire à l'année, l'occasion est idéale d'écouter de la musique québécoise, de lire des mots de la Belle Province et, pourquoi pas, d'encourager le cinéma local. En allait voir Les amours imaginaires de Xavier Dolan ou Le baiser du barbu d'Yves Pelletier par exemple. Ou en réunissant amis et famille, entre le barbecue et les bières, et regarder tranquillement des films à la maison ou dans le jardin.

Pourquoi ne pas découvrir, allez dans son club vidéo et choisir un titre d'ici au hasard? Sans doute qu'il est possible de tomber sur des navets, mais également sur plusieurs perles. Les gens qui ne veulent pas trop sortir de leur zone de confort (c'est normal à l'occasion) peuvent se rabattre sur quelques classiques de la cinématographie locale. Pas Les boys, Elvis Gratton ou De Père en flic, mais bien L'eau chaude l'eau frette, Léolo et Les bons débarras.

Étrangement, j'ai toujours eu un faible pour Le déclin de l'empire américain. Ce n'est peut-être pas le meilleur titre Arcand et le récit ne vaut pas Les ordres et Mon Oncle Antoine, sauf qu'il est aisé de le revoir encore et encore. La réalisation ne casse rien et le jeu très théâtrale parait daté, mais quel humour, et que de dialogues cultes! Le long métrage parfait pour initier n'importe qui à la belle langue de chez nous!

Comme carte de visite, il se fait difficilement mieux que le documentaire Félix de Jean-Claude Labrecque qui porte sur le grand Félix Leclerc. Court et concis, éclairant sans être trop superficiel, l'ouvrage donne le goût de redécouvrir l'artiste, mais également de visiter le Québec, de mieux saisir ses paysages, son Histoire et sa destinée. Cela fait changement d'assister en grand nombre à des grosses fêtes trop souvent vide de sens qui se veulent uniquement divertissantes, donc qui se détournent de la réelle importance de cette date qui est loin d'être fortuite.

mardi 22 juin 2010

Time Bandits, La bonne, Les 7 jours du talion, Un autre homme, Green Zone, The Last Station, La dernière fugue, Remember Me, She's Out of my League


Les sorties dvd se multiplient en cette journée prévue à cet effet. Comme c'est trop souvent le cas, le meilleur titre est une réédition, en l'occurrence celle de Time Bandits de Terry Gilliam. Terminé le règne absolu de Criterion, place à une nouvelle édition beaucoup moins onéreuse de ce classique des années 80 où un jeune garçon et des nains sont transportés dans des aventures folles. Même si la qualité de l'image et du son laisse à désirer, le bonheur demeure absolu.

Passé en éclair sur les écrans québécois, La bonne de Sebastian Silva est tout de même une oeuvre de qualité supérieure sur la jalousie d'une femme de ménage face à ses remplaçantes potentielles. Filmé comme un documentaire et bénéficiant d'une interprétation irréprochable de Catalina Saavedra, l'ensemble ne tarde pas à captiver.

Il en va tout autant de Les sept jours du talion de Podz, ce très bon film québécois où un homme décide de se venger contre l'assassin et le violeur de sa fille. Difficile de ne pas être impressionner par la réalisation maîtrisée et le jeu impeccable de Claude Legault, ce qui fait oublier quelques largesses de la seconde partie.

Film s'adressant aux cinéphiles et aux amateurs de la Nouvelle Vague (généralement un ne va pas sans l'autre), Un autre homme de Lionel Baier raconte les déboires d'un critique de cinéma. Même si l'intrigue demeure mince et que le rythme n'est pas toujours au point, le plaisir rencontré est constant.

Paul Greengrass ne remplit pas toutes ses promesses dans Green Zone, un film d'action beaucoup trop linéaire et superficiel sur la situation américaine en Irak. De quoi y aller pour les explosions et la performance un peu monolithique des comédiens (Matt Damon, Greg Kinnear) plutôt que pour la charge dénonciatrice du message.

Avec son sujet en or et sa très belle distribution (Christopher Plummer, Helen Mirren), The Last Station de Michael Hoffman avait tout pour faire des ravages aux Oscars. Il faut admettre que cette cérémonie a parfois un faible pour les histoires vraies, surtout lorsqu'il est question d'amour et de remords. Sauf qu'en y regardant de plus près, les personnages n'ont aucune consistance. Dommage!

Le qualificatif sert bien à La dernière fugue de Léa Pool. Une multitude de bons comédiens (Yves Jacques, Andrée Lachapelle, Jacques Godin) sont de la partie dans cette histoire déchirante d'une famille qui ne sait pas comment bien s'aimer. Après une première partie forte en bouche, la seconde peine à captiver, se terminant par un improbable coup de théâtre.

Parlant de fin extrêmement décevante, il est difficile de faire pire que Remember Me d'Allen Coulter. Prétentieux et maniéré au possible, ce récit sur un amour improbable est sabordé à la fois au niveau des idées (mal développées) et du casting, où le talent d'Emilie De Ravin ne fait pas le poids face à la fadeur de Robert Pattinson.

Une des pires romances de l'année, She's Out of My League de Jim Field Smith fait passer Jay Baruchel pour un très mauvais acteur dans cette fantaisie grasse et appuyée d'un gars ordinaire qui cherche à obtenir l'amour d'un pétard (qui est bien entendu célibataire). Une production ratée et insultante, ni drôle ni mignonne.

dimanche 20 juin 2010

La manière Lumet


Étrange comment quelques cinéastes deviennent des références, alors que leurs collègues croupissent dans l'ombre. Que l'on pense à Francis Coppola qui n'a pas fait un très bon film depuis des décennies, ou Woody Allen qui est cité dans presque chaque article traitant de cinéma.

Sydney Lumet, qui aura 86 ans dans quelques jours, n'a pas cet honneur. Une véritable honte. Pourtant, il a réalisé des oeuvres qui ont marqué le septième art américain, dont 12 Angry Man, Serpico, Dog Day Afternoon et Netwook. Et il a réussi de nombreux essais magistraux qui sont malheureusement oubliés, tels Long Day's Journey Into Night et The Pawnbroker.

Son thème de prédilection a toujours porté sur la corruption, souvent en milieu policier, et en revoyant son excellent Prince of the City, probablement le meilleur effort fait sur le genre, il est difficile de savoir pourquoi ses efforts sont peu mentionnés lorsqu'il est question du dernier âge d'or du cinéma étasunien. Peut-être est-ce son style qui ne fait pas dans la surenchère, ou ses succès limités au box-office.

Encore aujourd'hui, le metteur en scène demeure pertinent, tout le contraire de la majorité de ses contemporains. En 2007 sortait l'haletant Before the Devil Knows You're Dead qui a malheureusement été diffusé dans trop peu de salles. Pas besoins d'impressionnants effets spéciaux ou de la trois dimensions pour intéresser. Il ne faut qu'une bonne histoire, des dialogues intelligents et des comédiens admirablement dirigés.

Un jour, il faudrait remettre à César ce qui lui revient et se souvenir de papy qui n'a, espérons-le, pas encore dit son dernier mot.