mardi 14 mai 2019

Film du jour: Nina

Il n'y a pas seulement les films polonais de Pawel Pawikowski (Cold War, Ida) qui trouvent leur chemin jusqu'ici, mais également le premier long métrage d'Olga Chajdas, Nina. (Film Movement)

C'est quoi? Une femme en couple qui rêve d'être mère tente de convaincre une jeune étrangère de porter son enfant.

C'est comment? Le mélange de genre (social, économique, romantique) est intriguant. Les interprètes dévouées sont portées par une mise en scène électrisante.

Et pourtant? Le symbolisme s'avère souvent lourd et les longueurs (ou répétitions) ne sont pas rares.

Techniquement? Les images soignées mettent à contribution la riche palette de couleurs.

Suppléments? Cette édition dvd comporte des bandes-annonces et l'hypnotique court métrage Social Butterfly de Lauren Wolkstein.

Au final? Sans être totalement accomplie, cette création bouillonne d'émotions et de sentiments, offrant quelques séquences touchées par la grâce.

lundi 13 mai 2019

Film du jour: Bosch: The Garden of Dreams

Les documentaires sur le peintre Hieronymus Bosch sont nombreux. Le dernier en liste est The Garden of Dreams, de José Luis Lopez-Linares. (Film Movement)

C'est quoi? Une plongée dans sa célèbre peinture Le jardin des délices.

C'est comment? Le film fascine allègrement avec ses multiples interprétations et ses intéressants intervenants.

Et pourtant? Il faut avoir une sensibilité envers l'oeuvre afin de l'apprécier à sa juste valeur. La réalisation ne casse rien.

Techniquement? On laisse beaucoup d'espace aux images, souvent magnifiques, qui sont accompagnées d'exquises mélodies classiques.

Suppléments? Il n'y a aucun bonus sur cette édition.

Au final? Difficile de ne pas vouloir aller se perdre dans cette peinture qui alterne entre le Paradis et l'Enfer. Même si rien de concret en ressort, c'est la joie, justement, de ne pas tout comprendre, alors que la toile devient reflet de l'être qui regarde.

dimanche 12 mai 2019

Les films préférés de... Niels Schneider

D'abord remarqué dans le cinéma québécois (Tout est parfait, J'ai tué ma mère, Les amours imaginaires), Niels Schneider mène une carrière française plus qu'enviable, apparaissant notamment dans L'âge atomique, Les rencontres après minuit, Gemma Bovery et Diamant noir, où s'il s'est mérité le César du meilleur espoir masculin. Je l'ai rencontré lors de la sortie de d'Un amour impossible (mon entrevue) et je lui ai demandé quels étaient ses films préférés...

« Mes films de chevet... Je suis très fan des films de Woody Allen, Nanni Moretti, Cassavetes. J'aime aussi certains grands classiques, comme les mélodrames de Georges Cukor. J'aime les choses très diverses et variées. Je peux être fan de Titanic et de Jumanji aussi, ou de Cruel Intentions. Ça dépend de quelle époque de ma vie. »

Film du jour: Her Smell

Ces jours-ci au Cinéma Moderne, on peut attraper Her Smell, l'excellent nouveau long métrage d'Alex Ross Perry, qui porte sur les aléas destructeurs d'une chanteuse. Ce drame psychologique d'une rare intensité explose tout avec sa caméra oppressante et ses choix sonores très physiques, s'apparentant même parfois à un film d'horreur. S'il faut avoir l'estomac à la bonne place (et la patience, l'effort demeure un peu long), Elisabeth Moss y est extraordinaire, trouvant là LE rôle de sa vie. Vite, un Oscar. ***1/2

samedi 11 mai 2019

Sorties au cinéma: Shadow, Sofia, Asako 1 & 2, Rêveuses de villes, Les invisibles, Red Joan, Tolkien, The Hustle

Trois oeuvres inestimables prennent l'affiche cette semaine au cinéma.

Shadow: Le grand cinéaste Zhang Yimou retrouve la forme avec ce magnifique film de wuxia, bercé dans des teintes grisâtres et une pluie éternelle. Malgré une histoire touffue, les scènes d'action décoiffent. Facilement sa plus grande fresque depuis Héros. ****

Sofia: C'est un premier long métrage riche et passionnant que propose Meryem Benm'Barek, qui analyse les rouages sociaux du Maroc. On pense au cinéma de Farhadi, Ceylan et Mungiu. ****

Asako 1 & 2: Découvert l'année dernière sur la scène mondiale avec son grandiose Happy Hour, Ryüsuke Hamaguchi est de retour avec une nouvelle création baignée dans l'émotion et les sentiments, qui reprend le thème cher de Vertigo pour le détourner façon Proust. Brillant! ***1/2

Rêveuses de villes: Voilà un documentaire louable de Joseph Hillel, qui rappelle le brio de quatre femmes d'exception. Dommage que le traitement cinématographique n'épouse pas davantage la passion de ses sujets. ***

Les invisibles: Louis-Julien Petit redonne une présence aux êtres en situation d'itinérance dans cet effort plus que valable, qui a cependant tendance à se dégonfler lors de la seconde partie, plus près du conte de fées. ***

Red Joan: Cette histoire vraie sur une espionne britannique souffre d'une réalisation banale de Trevor Nunn, qui rappelle les téléfilms de la BBC. De quoi faire de l'ombre aux prestations correctes des interprètes. **1/2

Tolkien: Le grand écrivain méritait mieux que ce biopic extrêmement classique de Dome Karukoski, techniquement satisfaisant mais au scénario un peu pompeux, qui ne prend vie que trop tardivement. **1/2

The Hustle: Ce remake du rigolo Dirty Rotten Scoundrels de la part de Chris Addison ne tient pas la route deux secondes. L'humour y est inopérant, alors que la chimie entre Anne Hathaway et Rebel Wilson s'avère inexistante. **

Film du jour: Passion

La rétrospective sur Ryusuke Hamaguchi bat son plein au Cinéma Moderne. On peut découvrir aujourd'hui son excellent Passion (2008) qui annonce déjà les couleurs de son chef-d'oeuvre Happy Hour: cette nécessité de parler des émotions, l'importance des sens (surtout le touché), l'exploration de la psyché masculine et féminine, etc. Tout cela par l'entremise d'un récit en apparence banal qui se complexifie rapidement, offrant quelques moments inoubliables (notamment l'exposé sur la violence). Beau et triste à la fois. ****

Plus tard est présenté Touching the Skin of Eeriness (2013), un moyen métrage expérimental qui se rapproche de l'univers inquiétant Kiyoshi Kurosawa. L'amalgame n'est pas toujours au point, ce qui n'empêche pas quelques instants plus fulgurants d'émaner.

On lui préférera Heaven Is Still Far Away (2016), un court métrage exceptionnel sous fond d'amour, de regrets, de nature humaine et de fantôme, qui bouleverse encore et encore.

vendredi 10 mai 2019

Entrevue Sofia

Quel bonheur de découvrir une jeune cinéaste talentueuse qui, dès son premier film, impressionne par la qualité de sa plume et de sa mise en scène. C'est le cas de Meryem Benm'bareck pour son magnifique Sofia. J'ai pu rencontrer la réalisatrice et mon entrevue se trouve dans les pages du journal Métro du jour.