dimanche 8 octobre 2017

Films du jour: La caméra de Claire, Les garçons sauvages (FNC)

La fantaisie s'exprime différemment aujourd'hui au FNC.

Hong Sang-soo mineur, La caméra de Claire n'en demeure pas moins mignon et libérateur, alors que la caméra que détient la lumineuse Isabelle Huppert affectera le destin de quelques personnages. Admirablement filmé et écrit, le récit fait sourire même s'il tourne parfois à vide. On sent toutefois un désir de faire du neuf avec les lieux communs... et même de limiter la consommation d'alcool, ce qui rompt avec les obsessions de son créateur! ***

Après une série de courts métrages remarqués, Bertrand Mandico passe au long avec Les garçons sauvages. Cette intrigante histoire en noir blanc ressemble à du Jeunet avec de la libido dans le tapis, qui mélange hallucinations, sexe et provocation facile. On se plaît toutefois à arpenter cet univers unique, qui aurait toutefois eu besoin de moins de symboles et plus de contenu. Pour de l'imagination à revendre, on se retrouve avec des comédiens inégaux et un rythme parfois défaillant. ***

samedi 7 octobre 2017

Films du jour: La nuit où j'ai nagé, Unrest (FNC)

Deux petits films très différents attirent notre attention aujourd'hui au FNC.

Après deux opus très français qui renvoyaient à Rohmer, Damien Manivel débarque au Japon avec La nuit où j'ai nagé, gardant ce soin particulier accordé à l'errance, aux paysages et à la poésie. Coréalisé avec Kohei Igarashi, le récit lent, un peu inconsistant et pratiquement muet épouse le quotidien d'un enfant qui quitte la maison pour la ville engouffrée de neige. La simplicité du trait enchante, comme un voisin éloigné d'un certain Kore-eda. ***1/2

Philippe Grandrieux termine sa trilogie sur l'inquiétude avec Unrest, un exposé énigmatique et exigeant en trois mouvements qui combine cinéma, danse, fantasmes et surtout expérience sensorielle. À prendre ou à laisser, mais si on ose jouer le jouer, on risque de se trouver dans un autre univers pendant 45 minutes. ***

vendredi 6 octobre 2017

Sorties au cinéma: Blade Runner 2049, Gabriel et la montagne, Ava

Avec le début du Festival du nouveau cinéma, difficile d’attraper tout ce qui prend l'affiche dans les salles régulières. S'il n'y a aucun regret d'avoir manqué My Little Poney, c'est différent envers The Mountain Between Us et Victoria and Abdul qui semblaient prometteurs. Je suis toutefois convaincu d'avoir vu les trois sorties les plus intéressantes de la semaine...

Blade Runner 2049: Cette suite du chef-d'oeuvre de Ridley Scott ne déçoit pas et si le scénario n'est pas toujours brillant, ce n'est pas le cas de la réalisation exemplaire de Denis Villeneuve qui insuffle de grands moments de cinéma. ****

Gabriel et la montage: Plus près de Sans toit ni loi que de Into the Wild, Felibe Barbosa propose une très jolie excursion en nature qui tourne mal avec ce long métrage qui emprunte les codes du documentaire pour retranscrire une histoire vraie. ***1/2

Ava: Deux talents en pleine ébullition ressortent de cette oeuvre qui a fait sensation au dernier Festival de Cannes. D'abord celui de l'exquise actrice Noée Abita, parfaite en femme enfant à la sauvagerie éclatante qui rappelle une jeune Charlotte Gainsbourg. Puis celui de la réalisatrice Léa Mysius qui signe un premier film fort en gueule, douloureusement métaphorique et d'une grande sensibilité, sur le noir qui obscurcit le quotidien d'une ado de 13 ans. Malgré quelques moments d'égarements, l'ensemble séduit amplement. ***1/2

Films du jour: The Other Side of Hope, Laissez bronzer les cadavres (FNC)

Le meilleur côtoie le pire aujourd'hui dans le cadre du Festival du nouveau cinéma.

Véritable baume sur ce monde parfois cruel, The Other Side of Hope d'Aki Kaurismäki est un récit essentiel sur la condition humaine, alors qu'un sans-papier tente de trouver refuge en Finlande. Dans son style bien à lui, le cinéaste pond un de ses plus grands films, enrobant mélancolie et humour pince-sans-rire au sein d'une mise en scène parfaitement millimétrée et baignée de musique, où le discours se veut porteur de sens. ****

Il faut toujours laisser la chance aux coureurs. Des cinéastes Hélène Cattet et Bruno Forzani, ils ont offerts l'intriguant Amer et l'irritant L'étrange couleur des larmes de ton corps. C'est malheureusement dans cette dernière catégorie que se situe leur nouveau long métrage Laissez bronzer les cadavres. Ce travail laborieux et agressant qui tente de convier à la même enseigne l'esprit de Bunuel, Godard et le western violent ne s'avère qu'un exercice de style vain et prétentieux, comme si des adolescents doués faisaient n'importe quoi pour épater la galerie. *1/2

jeudi 5 octobre 2017

5 raisons d'aller voir Retour en Bourgogne

Retour en Bourgogne de Cédric Klapisch a pris l'affiche la semaine dernière. Voici quelques raisons d'aller le découvrir sur grand écran plutôt que d'attendre de le voir à la maison. Mes choix se trouvent sur le site de Cineplex.

Films du jour: Meteorlar, Bad Lucky Goat (FNC)

Après la projection spéciale de Blade Runner 2049 hier soir, le Festival du nouveau cinéma se met véritablement en branle aujourd'hui...

C'est un fabuleux voyage sur la mémoire et la disparition que propose Meteorlar de Gürcan Keltek. Entre documentaire et cinéma expérimental, le long métrage s'articule autour de la répression kurde en Turquie pour s'élargir sur le plan de la nature, jusqu'à atteindre une dimension cosmique qui ne fait jamais de l'ombre aux souffrances humaines. Un singulier trip esthétique en noir et blanc, dont les répétitions finissent par former une certaine cohésion. ***1/2

Gentille mais oubliable comédie de Samir Oliveros, Bad Lucky Goat ressemble à un Weekend at Bernie's colombien avec une chèvre noire dans le rôle du cadavre. Une présence qui plongera dans le pétrin un frère et sa soeur en quête d'argent et de réconciliation. L'ensemble réconforte avec ses jolis personnages, ses paysages chauds et sa musique reggae tout en ne livrant au final que peu de moments réellement désopilants. **1/2

mercredi 4 octobre 2017

Les films à voir au FNC

La 46e édition du Festival du nouveau cinéma débute ce soir. Au lieu d'aller voir les films acclamés qui sont déjà achetés et qui prendront l'affiche dans les prochaines semaines et mois (The Square, The Killing of a Sacred Deer, Wonderstruck...), pourquoi justement ne pas profiter de cette occasion unique pour découvrir et admirer tout ce qui ne sortira jamais en sol québécois? Dans le lot, voici quelques titres à ne pas manquer...

Les fantômes d'Ismaël
On ne se tanne pas d'Arnaud Desplechin, le Truffaut de sa génération.

The Day After et La caméra de Claire
Deux Hong Sang-soo pour le prix d'un, afin d'être comblé encore et encore de dialogues savoureux et d'alcool.

Jeannette, l'enfance de Jeanne d'Arc
Bruno Dumont fait tout ce qu'il veut et on ne demande pas mieux que de le suivre dans ses délires.

A Man of Integrity
Voilà le film événement qui a causé tant de problèmes à son réalisateur iranien.

Before We Vanish
C'est Independence Day revu et corrigé par le grand Kyoshi Kurosawa.

Outrage Coda
Kitano est de retour en mode sanglant pour le dernier volet de sa trilogie.

Napalm
La Corée du Nord, racontée par l'illustre Claude Lanzmann.

Le vénérable W.
On tremble déjà à découvrir les racines du Mal selon le dérangeant Barbet Schroeder.

La nuit où j'ai nagé
Quiconque a vu les précédentes offrandes de Damien Manivel (Un jeune poète, Le parc) sait déjà qu'il s'agit d'un des futurs sauveurs du cinéma français.