Pour son quatrième long métrage Malgré la nuit, Philippe Grandrieux continue à explorer le mouvement cinématographique des corps à travers une oeuvre radicale, éblouissante à bien des niveaux mais également un peu frustrante tant la caricature n'est jamais bien loin de l'expérimentation. Le scénario n'est qu'un prétexte à un jeu fantasmagorique sur les ombres et à une surabondance de théories psychanalytiques. Un peu comme si Alfred Hitchcock, David Lynch et Philippe Garrel avaient créé un enfant illégitime. Même si sur le coup cette oeuvre trop longue est difficile à digérer, un immense pouvoir d'hypnose s'en dégage, obsédant allègrement par la suite. De quoi avoir le goût d'y retourner à ses risques et périls, seulement pour la performance d'Ariane Labed. ***
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lundi 28 mai 2018
samedi 7 octobre 2017
Films du jour: La nuit où j'ai nagé, Unrest (FNC)
Deux petits films très différents attirent notre attention aujourd'hui au FNC.
Après deux opus très français qui renvoyaient à Rohmer, Damien Manivel débarque au Japon avec La nuit où j'ai nagé, gardant ce soin particulier accordé à l'errance, aux paysages et à la poésie. Coréalisé avec Kohei Igarashi, le récit lent, un peu inconsistant et pratiquement muet épouse le quotidien d'un enfant qui quitte la maison pour la ville engouffrée de neige. La simplicité du trait enchante, comme un voisin éloigné d'un certain Kore-eda. ***1/2
Après deux opus très français qui renvoyaient à Rohmer, Damien Manivel débarque au Japon avec La nuit où j'ai nagé, gardant ce soin particulier accordé à l'errance, aux paysages et à la poésie. Coréalisé avec Kohei Igarashi, le récit lent, un peu inconsistant et pratiquement muet épouse le quotidien d'un enfant qui quitte la maison pour la ville engouffrée de neige. La simplicité du trait enchante, comme un voisin éloigné d'un certain Kore-eda. ***1/2
Philippe Grandrieux termine sa trilogie sur l'inquiétude avec Unrest, un exposé énigmatique et exigeant en trois mouvements qui combine cinéma, danse, fantasmes et surtout expérience sensorielle. À prendre ou à laisser, mais si on ose jouer le jouer, on risque de se trouver dans un autre univers pendant 45 minutes. ***
lundi 18 juin 2012
Film du jour: Sombre
Philippe Grandrieux est un cinéaste très particulier. Croisez Bruno Dumont avec David Lynch et on se rapproche graduellement de la bête. Ses longs métrages sont radicaux et il faut bien s'accrocher pour ne pas être largué. C'est le cas de Sombre sur les méfaits d'un tueur en série. Un slasher movie intellectuel, un film d'art et d'essai gothique et dérangeant? Bien sûr! Et si ce n'était que ça. Il s'agit plutôt d'un cauchemar malsain, volontairement lent et biscornu, qui fascine et rebute tout à la fois, où tous les éléments techniques (la caméra, le son) sont utilisés pour faire peur. À expérimenter avant de mourir. ****
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