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vendredi 10 janvier 2025

Film du jour: Oh, Canada


Après Pedro Almodovar (avec The Room Next Door), c'est au tour de Paul Schrader de parler de la mort. Plus complexe dans sa structure narrative (un peu à la façon des vieux films d'Alain Resnais), Oh, Canada joue avec le passé et le présent, la vérité et la reconstruction de souvenirs. Bien qu'un peu trop écrit, l'effort fascine allègrement et il est défendu par un Richard Gere en grande forme. ***1/2

mercredi 17 mai 2023

Film du jour: Master Gardener


Depuis sa renaissance artistique avec First Reformed, Paul Schrader ne cesse de traiter dans ses films de la difficile rédemption de ses antihéros. Après son solide The Card Counter, il revient à la charge avec Master Gardener, un drame existentiel improbable tant la relation entre ses protagonistes parait préfabriquée. Cela n'enlève toutefois rien à sa mise en scène maîtrisée et à la solide performance de sa distribution, dominée par l'impeccable Joel Edgerton. En salle. ***

samedi 12 mars 2022

Film du jour: Dog Eat Dog


Oeuvre la plus cinglée de la carrière de Paul Schrader, Dog Eat Dog (2016) s'apparente à un trip de drogue. Une parodie où l'humour noir coule à flot, où son thème de prédilection - la rédemption - se vautre dans la violence gratuite et le sexisme et où tous les comédiens jouent gros. Ce divertissement qui s'épuise avant la fin ne sera évidemment pas pour tous les appétits. Sauf que Nicolas Cage et Willem Dafoe semblent tellement s'amuser qu'on voudra les suivre dans leurs délires. Surtout qu'on découvre en filigrane, derrière les fautes de goût et les hommages à Bogart, la matière première qui allait donner les supérieurs First Reformed et The Card Counter. **1/2

vendredi 4 février 2022

Film du jour: The Comfort of Strangers


Fascinante étude du couple, The Comfort of Strangers rappelle que les voyages ne sont pas nécessairement là pour rapprocher les gens, surtout lorsque nos héros (Natasha Richardson, Rupert Everett) se perdent constamment à Venise et qu'ils sont recueillis par les inquiétants Christopher Walken et Helen Mirren. Entre horreur, séduction et perversité, cette adaptation du roman d'Ian McEwan par Paul Schrader bénéficie d'un scénario fort en gueule d'Harold Pinter, transformant toutefois ses personnages en véritables statues monolithiques qui finiront touchées par la fatalité. Une démonstration glaciale et énigmatique, où la photographie soignée de Dante Spinotti, la musique enveloppante d'Angelo Badalamenti et la garde-robe élégante d'Armani obsède autant sinon plus que le récit en place. ***1/2

jeudi 9 septembre 2021

Film du jour: The Card Counter


Le sublime First Reformed n'était pas qu'une erreur de parcours. Paul Schrader est véritablement de retour en grande forme avec The Card Counter, s'abreuvant à nouveau aux mêmes eaux que Bresson (Pickpocket et compagnie). Et si son plus récent film traite toujours de rédemption et des traumas étasuniens, son scénario ne paraît jamais trop redondant. Au contraire, il est élevé par la performance impeccable d'Oscar Isaac et une mise en scène maîtrisée, portée par les mélodies de Robert Levon Been. De quoi fermer les yeux sur l'histoire d'amour quelque peu accessoire. ***1/2 

vendredi 14 mai 2021

Film du jour: Dying of the Light


Il y a tant de films qui ne se font jamais. Écrit par Paul Schrader, le suspense d'espionnage Dying of the Light devait être réalisé par Nicolas Winding Refn avec Harrison Ford et Channing Tatum dans les rôles principaux. Mais comme le cinéaste a préféré aller tourner Drive, les acteurs se sont désister. Cela n'a pas empêché le scénariste de s’asseoir dans la chaise du réalisateur et de faire appel à Nicolas Cage et le regretté Anton Yelchin. Malheureusement, le studio a remonté le résultat final afin d'en faire un thriller banal, générique et sans âme: une tache gênante dans toute filmographie. Pourtant, quelque part, on sent le potentiel émaner, à la fois des données psychologiques du script (un agent atteint de démence entreprend une dernière mission) que de la performance instable de sa vedette. *1/2

mercredi 10 octobre 2018

Films du jour: Die Tomorrow, Los Silencios, Mishima (FNC)

Les nouveaux alchimistes est une des sections les plus intéressantes du FNC, car c'est là qu'on retrouve les oeuvres qui prennent des risques avec la forme et la narration. C'est le cas du très beau Die Tomorrow de Nawapol Thamrongrattanarit, un essai profond et ludique à la fois qui regroupe documentaire et fiction dans sa façon de parler de mort mais surtout de vie, de ces petits moments de beauté insoupçonnés qui apparaissent avant le trépas. La réalisation, généreuse, cumule les longs plans, faisant ressortir la vitalité des âmes et du quotidien avec une poésie rafraîchissante. Aujourd'hui. ***1/2

Avec ses plans fixes extrêmement soignés et son rythme méditatif, Los Silencious de Beatriz Seigner arrive à exposer visuellement le déracinement d'une famille de migrants. Si le scénario peut paraître mince, son atmosphère particulière transporte allègrement le spectateur dans un autre univers, qui finit par se soucier de ces personnages attachants. Aujourd'hui. ***

Paul Schrader est en ville pour présenter quelques-uns de ses films. Dans le lot, il ne faut surtout pas manquer Mishima en version restaurée. Non seulement il s'agit de sa meilleure réalisation en carrière, mais également d'un des biopics les plus éclatants du septième art. D'une virtuosité à donner le tournis, le récit utilise les différentes fictions de l'écrivain pour traiter un nombre incalculable de thèmes. Du grand art! Aujourd'hui. ****1/2

lundi 18 novembre 2013

Film du jour: Mishima: A Life in Four Chapters

Probablement le meilleur film à porter sur le célèbre écrivain japonais, Mishima: A Life in Four Chapters de Paul Schrader est un magnifique portrait qui puisse allègrement dans les oeuvres de son auteur pour faire ressortir toute sa complexité et son ambiguïté. L'ouvrage, extrêmement travaillé, bénéficie d'une mise en scène exceptionnelle et d'une superbe trame sonore de Philip Glass, qui confère à l'ouvrage un aura incroyable, parfaitement en phase avec son rythme lent et son ton lent et détaché. Tout simplement envoûtant. ****