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lundi 28 novembre 2011

R.I.P. Ken Russell


L'enfant terrible du cinéma fantastique est mort. Le cinéaste britannique Ken Russell est décédé ce dimanche 27 novembre à l'âge de 84 ans. Créateur de nombreux films déroutants qui sont parfois difficiles à trouver de ce côté de l'Atlantique, le réalisateur était un maître dans la façon d'innover et de scandaliser son public.

En attendant de revoir Altered States et The Devils, voici mon entretien réalisé avec le metteur en scène lors de son passage au Festival Fantasia à l'été 2010.

dimanche 12 septembre 2010

R.I.P. Claude Chabrol 1930-2010


La nouvelle est tombée cette nuit. Depuis quelques semaines, la Grande Faucheuse touche plusieurs cinéastes importants (Satoshi Kon, Alain Corneau) et elle n'a pas épargné Claude Chabrol, un des derniers maîtres de la Nouvelle Vague.

Comme plusieurs de ses collègues, ses meilleures oeuvres sont celles issues de ses deux premières décennies d'activité, dans les années 1960 et 1970, où les grands films se succédaient: Les biches, Le boucher, Nada, Violette Nozière...

Après un court passage à vide, le voilà de retour, questionnant toujours la bourgeoisie avec un sens de la réplique et une mise en scène précise quoique par moment classique. L'effet de La cérémonie a fait une bombe, et même ses efforts plus mineurs (Merci pour le chocolat, L'ivresse du pouvoir, La fille coupée en deux) procuraient plusieurs moments de bonheur.

Son dernier film Bellamy a divisé la critique et le public, explorant avec un humour digne de Simenon les rapports entre un vieux policier et un escroc potentiel qui cherche à changer de vie (et de peau). Encore là rien de marquant, mais un divertissement tout à fait honorable.

À 80 ans il s'en va rejoindre des collègues qui l'attendent depuis belle lurette. Le metteur en scène a laissé tellement d'ouvrages que c'est à espérer que de nombreux coffrets soient édités à son honneur, seulement pour ne pas oublier son style bien à lui et sa vision tranchante de la société française.

Les curieux voudront voir l'intéressant essai Un autre homme de Lionel Baier où une critique de cinéma se moque avec humour du cinéma de Claude Chabrol. Un véritable bonbon.

mardi 24 août 2010

Satoshi Kon: 1963-2010


Triste nouvelle pour les admirateurs d'animations japonaises, et de septième art tout court. Un des plus grands maîtres, Satoshi Kon, est décédé aujourd'hui à l'âge de 47 ans d'un cancer.

Il laisse dans le deuil une cinématographie considérable et unique qui aurait très bien pu s'enrichir de nombreux autres chefs-d'oeuvre. Dès Perfect Blue en 1998, il jouait avec brio des codes du suspense à la Hitchcock et Lynch, fascinant et déstabilisant au passage.

Sur son meilleur opus Millenium Actress, il livrait une des plus formidables histoires d'amour du cinéma, jonglant avec la notion de réalité, l'enracinant dans l'histoire profonde du Japon.

Cinéaste social à la Ozu sur Tokyo Godfathers, il atteignait à nouveau le nirvana avec la série Paranoia Agent, un autre classique du 21e siècle, où il s'intéressait aux comportements du genre humain.

Avec le renversant Paprika, il offrait un Inception avant son temps, plongeant le cinéphile dans des univers incroyables où tout pouvait arriver. Un rêve dont personne ne peut se sortir indemne.

Le réalisateur travaillait sur The Dream Machine. Peu importe la valeur de ce testament, probablement le film le plus attendu de 2011, voilà un nom à graver parmi les plus grands, au moins tout juste à côté de celui d'Hayao Miyazaki. Une grande perte pour tout le monde...

lundi 1 février 2010

R.I.P. Pierre Vaneck


Le beau-fils de Jacques Becker, Pierre Vaneck, est décédé hier à la suite d'une opération cardiaque. La nouvelle n'a presque pas eu d'écho au Québec. C'est triste mais sans doute normal, l'acteur était peu connu de ce côté de l'Atlantique et ses films se retrouvent très difficilement dans nos DVD en Zone 1.

Pourtant, en France, c'est un énorme comédien de théâtre et de télévision qui s'éteint, un peu l'équivalent du Raymond Bouchard de l'Hexagone. En plus d'enflammer toutes les scènes où il se trouvait, il a laissé sa marqué et sa bouille sur le septième art d'antan, participant à des projets aussi important que le Paris brûle-t-il? de René Clément.

Depuis les années 1970, il était cependant à l'écart du grand écran. Il a bien participé au Othello d'Oliver Parker et La science des rêves de Michel Gondry, mais aucun rôle réellement significatif. Sa carrière cinématographique s'est toutefois terminé sur une belle note, campant le père d'Albert Dupontel dans l'efficace et très distrayant Deux jours à tuer de Jean Becker.

Je me rappelle il y a quelques mois d'avoir trouvé en DVD pour environ trois dollars dans un magasin à grande surface de la région de Montréal une édition neuve d'Une balle de canon, ce drame policier réalisé par Michel Deville (tout de même) et Charles Gérard en 1958. Le film n'a peut-être pas marqué les annales, sauf que Varek y était tout de même excellent, côtoyant de jeunes gens comme Jean Rocherfort et Michael Lonsdale.

Voilà un des rares «vieux» titres qu'il est possible de retrouver quelque part, par hasard, au gré des recherches. C'est trop peu, bien entendu.

lundi 11 janvier 2010

À un de ces jours, Éric Rohmer


Le représentant le plus littéraire et le plus romantique de la Nouvelle Vague n'est plus. Éric Rohmer s'est éteint à 89 ans, laissant derrière lui une filmographie unique et fabuleuse, que de nombreuses générations se plairont à découvrir. Grâce à lui, Fabriche Luchini est devenu une star, Emmanuel Mourret fait des films et Marivaux s'est littéralement trouvé un fils adoptif.

Reconnu pour sa (fausse) légèreté, l'un des derniers grands cinéastes de la planète a exploré le sentiment amoureux comme peu de ses contemporains, avec ses cycles et ses contes, cherchant à se rapprocher de l'indescriptible, filmant le temps qui passe avec un amour unique des mots et de la langue.

Au sein d'oeuvres phares dont la plupart se retrouvent très difficilement en format DVD (à moins de sortir le chéquier pour débourser chez Criterion), il est impossible d'oublier Ma nuit chez Maud, La marquise d'O, Perceval le Gallois et la majorité de ces titres cousins ou jumeaux qui traitent de la même obsession.

Même si le cinéaste vieillissait, son travail ne perdait jamais de sa pertinence. Le scandale est grand et presque irréparable que sa dernière pièce maîtresse, Les amours d'Astrée et Céladon, ne soit jamais sorti dans les salles de cinéma régulières du Québec. Il est heureusement possible de combler ce manque et, pourquoi pas, de rattraper sa portion historique toujours aussi fondamentale, composée de L'anglaise et le duc et Triple Agent.

Au sein de ces souvenirs et de ces bribes d'une époque qui est toujours là, la fascination pour Pauline à la plage s'exerce aisément. Le récit, brillant, érotique et décalé, est d'une richesse inouïe, avec son parfum doux-amer qui fait toujours effet, pour le meilleur et juste pour le meilleur.

Après tant d'années à chercher l'amour, le vrai, le seul, l'unique, le metteur en scène peut enfin partir explorer de nouveaux univers, cinématographiquement indescriptibles pour le commun des mortels, où les saisons se succèdent dans le désordre, devenant la bougie d'allumage de ses admirateurs qui, à l'instar d'un Woody Allen, l'auront suivi pendant toutes ces décennies. Au lieu de pleurer son départ, mieux vaut se rappeler ses exploits, et les faire connaître pendant que l'art est toujours présent quelque part dans le cinéma. C'est ce qu'il aurait souhaité.