vendredi 30 avril 2010

La belle visite, Passenger Side, A Nightmare on Elm Street, Millénium 3, Gunless, Fiery Vengeance


Encore une fois cette semaine, même si j'ai pu voir 5 films, j'ai l'impression de ne pas avoir vu le bon: le long métrage israélien Ajami, qui est porté par une rumeur plus que favorable. Le goût de se reprendre est là, mais est-ce que le temps y sera? En attendant, voici un petit tour d'horizon de ce qui prend l'affiche dès aujourd'hui.

Documentaire révélateur mais pas totalement au point sur les centres de personnes âgées, La belle visite (critique) de Jean-François Caissy est portée par une magnifique photographie, de très beaux plans séquences et une réalisation lente tout à fait adaptée au sujet. Reste que l'ensemble, malgré ses 80 minutes, trainent en longueur, avec la sensation que le cinéaste s'intéresse parfois plus à sa forme qu'à son fond.

Il n'y a pratiquement pas eu de publicités ni de projections de presse pour Passenger Side, le nouveau projet de Matt Bissonnette (Looking for Leonard). Il faut avouer que le sujet est plutôt mince (deux frères qui déambulent dans les rues de Los Angeles) et que le traitement comporte bien peu de surprises. Reste le jeu toujours au point d'Adam Scott qui deviendra assurément une très grande vedette.

Remake inutile s'il en est un, celui de A Nightmare on Elm Street (critique) de Samuel Bayer ne remet pas Freddy Grueger dans les bonnes grâces. Comment peut-il en être autrement par un ersatz qui reprend mécaniquement les codes d'un classique du genre sans restituer son âme? Mieux vaut en rire qu'en pleurer (ou avoir peur) et ce, même si la performance de Jackie Earle Haley est loin d'être vilain.

La déception est aussi vive devant Millénium 3 (critique). Portée par une mise en scène beaucoup trop télévisuelle de Daniel Alfredson, une interprétation médusée, un rythme chancelant et une intrigue incroyablement superficielle, la production ne plaira même pas aux amateurs des livres tant les changements apportés sont nombreux. Aussi terne que le second épisode.

C'est toujours mieux que l'insultant Gunless (critique) de William Phillips, une parodie désolante et même pas drôle des westerns américains. Par sa morale douteuse sur les armes à feu, ses séquences répétitives et son interprétation ennuyante (pauvre Paul Gross qui en fait beaucoup trop), ce n'est pas avec ce type de projet que le cinéma du Canada anglais retrouvera ses lettres de noblesses.

Conspué à gauche et à droite (avec raison) et ayant même reçu la très rare note de -7- de Médiafilm, Furry Vengeance (critique) est loin d'être le pire navet de l'année (qui revient pour l'instant à Hot Tub Time Machine). Reste que cette «farce» douteuse où des animaux se vengent sur Brendan Fraser irritera quiconque au bout de quelques minutes.

mercredi 28 avril 2010

Mozart's Magic Flute, Adam Ressurected, Dante 01, La vague, The Pleasure of Being Robbed,The Vicious Kind, À l'aventure, In a Day, Mermaid, Julia


Il n'y a jamais eu autant de films réalisés qu'au 21e siècle. Ironiquement, ces essais ont de moins en moins d'espace sur les écrans pour se faire voir. Avec de la chance, ils sont disponibles dans un festival quelconque. Ou encore en format dvd et sur le web, deux «dépanneurs» qui ne remplacent certainement pas la projection en salle. Mais lorsqu'on n'a pas le choix, la fin justifie les moyens. Voici 10 propositions de titres à voir (ou pas) pour le cinéphile qui ne veut pas dépenser 12 dollars pour un autre remake sans âme...

Mozart's Magic Flute: Une version bien différente du célèbre opéra de Mozart - et de la vision tirée de Bergman - par l'éternel amant du passé Kenneth Branagh. Réalisé avec soin et folie, les amateurs de chants, de danses et de beaux sentiments y trouveront certainement leur compte au sein de ce conte entre deux nations ennemies.

Adam Ressurected: Le nouveau long métrage de Paul Schrader qui met en vedette Jeff Goldblum (extraordinaire) et Willem Dafoe s'intéresse aux répercussions de la Seconde Guerre mondiale sur la population juive. Quoique inégal et pas toujours au point, le résultat, parsemé de flashs divers, en fait une expérience singulière.

Dante 01: Le nouveau Caro (sans Jeunet) poursuit dans la tradition des précédents: un bel exercice de style qui tourne rapidement à vide, à cause de ce scénario déficient et prétentieux qui ne sait que faire de ce mode de vie de prisonniers de l'espace. Même le toujours excellent Lambert Wilson paraît perdu.

La vague: Rappelant le pertinent L'expérience, cette intelligente oeuvre allemande épouse une histoire vraie survenue dans un collège américain, où un professeur teste quelques discours politiques sur ses élèves. Sans être spectaculaire, l'ensemble pique instantanément la curiosité, notamment grâce à l'interprétation relevée et les thèmes abordés.

The Pleasure of Being Robbed: Prometteuse première missive d'Eléonore Hendricks, cet objet incongru, largement improvisé, relate le quotidien excentrique d'une jeune fille qui s'amuse à voler ses semblables dans la ville de New York. Le compagnon parfait au supérieur Happy-Go-Lucky de Mike Leigh.

The Vicious Kind: Un triangle amoureux qui tourne mal, par l'entremise du talentueux et inconnu Lee Toland Krieger. Un sujet classique, qui doit presque tout au jeu impeccable d'Adam Scott, et aux dialogues à l'avenant.

À l'aventure: Ancien génial cinéaste, Jean-Claude Brisseau conclut sa trilogie sur la sexualité, les pulsions et les désirs avec ce décevant tome, plus racoleur qu'autre chose, où une jeune femme décide de tout larguer. De la belle peau, mais presque pas de contenu.

In a Day: Cette petite chronique d'Evan Richards rappelle que l'amour peut cogner à la porte n'importe quand. Un traitement lumineux et gentil comme tout, qui bénéficie du mignon duo composé de Finlay Robertson et de Lorraine Pikington.

Mermaid: Film russe d'Anna Melikyan qui n'est pas sans rappeler un certain Amélie Poulain, cette illumination fantaisiste et stylisée qui s'essoufle légèrement dans la seconde partie raconte la vie, tout simplement, d'une fille qui peut enfin vivre.

Julia: Cela devait être une rencontre mémorable entre Érick Zonca (La vie secrète des anges) et Tilda Swinton qui personnifie une femme à l'équilibre précaire qui cherche à s'extirper de sa déchéance. Dommage que le traitement traîne en longueur, en invraisemblances et que madame force drastiquement la note.

Des critiques plus en profondeur se trouvent sur le site Le Coin du DVD.

lundi 26 avril 2010

DVD: Louise-Michel, Un ange à la mer, How to Get Ahead in Advertising et It's Complicated


Une petite semaine minceur sur le plan des sorties dvd. Ce n'est pas grave, on va se reprendre dans quelques jours avec des suggestions de titres que personne (ou presque) ne parle. Malgré le nombre restreint d'oeuvres, 3 films sur 4 méritent le détour, ce qui donne une très bonne moyenne de 75%.

Au rayon des comédies, difficile de faire mieux que Louise-Michel du tandem Benoît Delépine et Gustave Kervern sur deux êtres (incarnés avec jubilation par Yolande Moreau et Bouli Lanners) qui cherchent à éliminer un méchant patron qui a déplacé son usine. Une charge féroce et hilarante contre le capitalisme dans la veine des meilleurs ouvrages des frères Coen.

Drame à la fois chargé et poétique sur la maniaco-dépression d'un père et ses répercussions sur la vie de son fils, Un ange à la mer de Frédéric Dumont mérite également le détour, seulement pour les images magnifiques, le ton intimiste et la performance touchante des interprètes (Martin Nissen, Olivier Gourmet, Anne Consigny).

Criterion n'a plus le monopole sur l'étrange, inégal mais toutefois très intéressant How to Get Ahead in Advertising, car une nouvelle édition à faible coût du long métrage de Bruce Robinson est disponible. De quoi revoir avec plaisir les folies de ce publicitaire qui est incapable d'échapper à son entourage, ni à sa propre personne!

Nancy Meyers sera-t-elle un jour capable de réaliser un bon essai? Il faudra encore attendre tant It's Complicated s'égare avec son scénario peu excitant et ses gags rétrogrades qui semblent s'adresser à une clientèle de plus de 60 ans. Le trio entre Alec Baldwin, Steve Martin et Meryl Streep joue cependant dans le ton. Ce n'est cependant pas suffisant pour mériter le détour.

vendredi 23 avril 2010

My Dear Enemy, Océans, Le journal d'Aurélie Laflamme, The Losers, Back-up Plan


Avec 11 sorties du film, il est difficile de tout voir. Et je me promets d'attraper La Bonne de Sebastian Silva qui semble vraiment excellent.

De tous les titres vus, le meilleur est facilement My Dear Enemy (critique) de Lee Yoon-ki. Dans ce solide petit film sud-coréen, les mots et les silences se fracassent auprès d'une intrigue fine, intelligente et comique alors qu'une femme décide de retourner voir un ancien ami qui lui doit de l'argent. Un road-movie spirituel et nécessaire, porté par deux excellents comédiens (Jeon Do-Youn et Ha Jung-woo).

Avec ses images grandioses et sa superbe trame sonore, Océans (critique) du tandem Jacques Perrin et Jacques Cluzaud serait un plaisir incommensurable. Cette fascinante odyssée marine est cependant entravée par deux inconvénients de taille: la version originale française a été amputée de plusieurs minutes, ce qui rend l'histoire un peu difficile à suivre, et la narration originale d'à peine 5 minutes laisse la place à une abondance de mots inutiles. Dommage...

Long métrage parfait pour les préadolescents qui se sentent étrangers chez soi, Le journal d'Aurélie Laflamme (critique) de Christian Laurence est encore meilleur que le livre d'India Desjardins. Sans doute que le récit pourrait paraître kitch à un auditoire cynique. Mais les péripéties de cette fille de 14 ans ne manquent pas de séduire grâce à une mise en scène efficace et le jeu irrésistible de la jeune Marianne Verville.

Énième adaptation d'une bande dessinée qui s'avère moins efficace que le récent Kick-Ass, The Losers (critique) de Sylvain White plaira néanmoins aux amateurs du genre. L'histoire, qui ressemble à un croisement rudimentaire entre Mission: Impossible et The Usual Suspects avec cette équipe de choc abandonnée sur le terrain par leur supérieur, déçoit quelque peu par sa réalisation ampoulée. L'interprétation dans le ton et les nombreux moments d'humour rachètent heureusement ces faux pas.

Nouvelle romance collante très peu crédible qui met toutefois en scène un couple crédible (Jennifer Lopez et Alex O'Loughlin), The Back-up Plan (critique) d'Alan Poul ressasse les mêmes clichés de la femme qui désire ardemment un enfant, à tel point qu'elle se fait inséminer... avant de trouver le grand amour. Situations forcées, humour défaillant et, surtout, une dernière demi-heure particulièrement difficile à supporter: de quoi vouloir donner son temps et son argent ailleurs.

jeudi 22 avril 2010

Entrevue avec Jean Lemire pour Océans


C'est le Jour de la Terre! Depuis deux années, Disney se promet de sortir un documentaire sur le sujet. Après Earth, place à Océans des cinéastes français Jacques Perrin et Jacques Cluzaud.

Puisque la narration québécoise est assurée par Jean Lemire, je suis allé rencontrer le cinéaste/scientifique/explorateur pour qu'il puisse parler du film, de l'art du doublage et de ses prochains voyages.

Mon entrevue complète se trouve ICI.

mardi 20 avril 2010

DVD: Aveux, Fais-moi plaisir, Young Victoria, Avatar, Le code a changé, Lovely Bones, Visionnaires planétaires, Crazy Heart, New York I Love You


De l'amour, de la douleur, des mensonges et de grosses bibittes bleues sont à l'honneur cette semaine dans le confort de sa maison.

Une des meilleures téléséries québécoises de la dernière décennie, Aveux de Claude Desrosiers fascine pendant 12 épisodes, élaborant des secrets et des mensonges auprès d'un jeune homme qui a décidé de couper les ponts avec son entourage et de changer de nom. Une mise en scène au point et des acteurs parfaits pour un plaisir sur toute la ligne.

Continuant avec son humour si fin et précieux qui a toujours fait sa marque de commerce, Emmanuel Mourret n'innove presque plus sur Fais-moi plaisir, une jubilatoire comédie sur un homme qui aime trop les femmes. Reste un grand moment de rires comme il s'en fait trop peu à chaque année.

Commande assurée avec soin, The Young Victoria de Jean-Marc Vallée souffre du syndrome «plus beau que bon» qui caractérise souvent les films d'époque. Sans doute qu'il était difficile de marquer de son sceau une telle production qui répond à tant de règles et d'intervenants supérieurs. Néanmoins, Emily Blunt se distingue par son jeu particulièrement convaincant.

Le plus gros succès au box office du cinéma contemporain, Avatar de James Cameroun arrive dans une version simple, avec peu de suppléments et en deux dimensions. Déjà que le principal (et seul?) intérêt était ses effets plus que spéciaux et vraiment pas son scénario, ce sera curieux de voir ce que cela peut donner chez soi...

Possiblement le meilleur long métrage de Danièle Thompson, Le code a changé est un autre titre choral où une multitude de comédiens connus sont réunions autour d'une table pour discuter, mentir et se tromper. Rien pour révolutionner le genre, quoique les dialogues piquants et incisifs s'avèrent supérieurs à la moyenne.

Adaptation attendue d'un livre à succès, The Lovely Bones de Peter Jackson en a déçu plus d'un lors de sa sortie. Il faut avouer que les aventures de l'au-delà d'une pauvre âme prêche par excès de symboles, de métaphores et de discours pompeux. Pourtant, les images sont souvent sidérantes, alors que l'interprétation d'ensemble demeure dans le ton. À prendre ou à laisser.

Gentil documentaire sur le développement durable, Visionnaires planétaires de Sylvie Van Brabant risque d'en inspirer plus d'un avec ses discours, la beauté de ses paysages et le charisme de ses intervenants. De quoi voir le monde autrement.

Copie conforme et inférieure de l'excellent The Wrestler, Crazy Heart de Scott Cooper a été fait sur mesure pour donner un premier Oscar à Jeff Bridges. Un pari qui a finalement fonctionné haut la main. Dommage que le récit ne mérite vraiment pas le détour avec ses lieux communs et sa trop grande prévisibilité.

Succession de courts métrages forcément inégaux, New York I Love You plaira aux amateurs de la Grosse Pomme. Quelques histoires très fortes font cependant mal paraître plusieurs segments qui traînent en longueur. Comme quoi un même lieu peut inspirer à la fois le meilleur et le pire.

lundi 19 avril 2010

Entrevue Le journal d'Aurélie Laflamme


Un certain film québécois pour adolescents prend l'affiche ce vendredi. Devant l'envergure médiatique et le nombre d'individus présents à la rencontre de presse, je ne pense pas que Le journal d'Aurélie Laflamme passera inaperçu.

Puisque c'est un long métrage de la Belle Province et que j'adore parler aux gens, je me suis entretenu avec l'auteure India Desjardins, le réalisateur Christian Laurence et la principale interprète Marianne Verville.

Mon entrevue complète se trouve ICI.