mardi 30 mars 2010

DVD: La Teta Asustada, Sherlock Holmes, An Education, Alvin and the Chipmunks, The Killer


Pour une (rare) fois, les sorties dvd de la semaine se limitent à quelques titres. Mais quels titres!

À commencer par le sensible Fausta (La Teta Asustada) de Claudia Llosa, une oeuvre âpre mais ô combien essentielle sur le passage d'une jeune fille à l'âge adulte. D'une très grande beauté, l'ensemble rebute avant d'enchanter par ses métaphores et le jeu troublant de ses interprètes.

Sur le plan du divertissement, difficile de faire mieux que le Sherlock Holmes de Guy Ritchie. Mis en scène avec panache, bénéficiant d'un duo irrésistible entre Robert Downey Jr. et Jude Law, ainsi que d'une trame sonore mémorable, ce long métrage drôle et mouvementé est un délire de tous les instants.

Surestimé mais non dépourvu d'intérêt, An Education de Lone Scherfig doit tout à sa valeureuse et magnifique interprète Carey Mulligan, sorte d'Audrey Hepburn du 21e siècle. Dommage que cette histoire d'amour poison se termine sur les notes du mélo et des grosses morales collantes, car la première partie promettait énormément.

Ennuyant même pour les enfants, Alvin and the Chipmunks: The Squeakquel de Betty Thomas est une banale suite à un long métrage qui était déjà fade et mou. Cette fois, le prétexte à l'amitié, le partage et la confiance ne passage pas davantage la route, faisant même regretter les nombreux dessins animés des dernières décennies.

La réédition de la semaine demeure le culte The Killer de John Woo, un des meilleurs films d'action du cinéma américain. Bien que la nouvelle édition ne comprenne pas des éléments techniques et des suppléments à la hauteur, le résultat décoiffe toujours autant plus de deux décennies plus tard. À voir, seulement pour se rendre compte que Quentin Tarantino et Robert Rodriguez n'ont rien inventé.

dimanche 28 mars 2010

Choix et prédictions pour les Jutra 2010


C'est déjà la soirée du Jutra! Ces dernières semaines, nous avons parlé abondamment de la nouvelle formule qui donne encore des propositions douteuses, du manque d'audace dans la sélection (ce sont toujours les mêmes personnes qui sont mise en nomination), du clivage entre le désir de faire plaisir aux cinéphiles et de choisir des oeuvres méritoires et celle d'augmenter les cotes d'écoute et de sélectionner des productions populaires, etc. Rien pour crier au scandale (quoique...) ou pour altérer la crédibilité de l'évènement (qui est essentiel), mais sans faire plaisir à tous, il faudra un jour faire un cas de conscience pour rendre le tout le plus uniforme possible afin d'éviter les erreurs (les fameux et étenels oubliés) de taille.

Aujourd'hui, c'est toutefois le temps des prédictions et des choix personnels...

Meilleur Film:

Personnellement, j'aurais opté pour Lost Song de Rodrigue Jean, La donation de Bernard Émond, Je me souviens d'André Forcier ou Demain de Maxime Giroux. Tous des titres qui ne sont pas en nomination! Sinon, on peut immédiatement écarter le gentil mais inoffensif 1981 et l'ennuyant Before Tomorrow. Trop classique, Dédé à travers les brumes sera également laissé de côté. Ce qui amène un combat entre Polytechnique et J'ai tué ma mère. Mon coeur opte pour le premier, mais on a tellement entendu parlé du deuxième que ça serait surprenant que ça ne soit pas lui qui parte avec les grands honneurs.

Meilleur réalisateur: Encore une fois, tous les yeux seront rivés sur Denis Villeneuve (Polytechnique) et Xavier Dolan (J'ai tué ma mère), sauf qu'un outsider comme Jean-Philippe Duval (Dédé à travers les brumes) pourrait mêler les cartes. Mais bon, comme l'académie est gentille et qu'il n'y a pas réellement un long métrage qui s'est démarqué, si J'ai tué ma mère remporte le Jutra du meilleur film, on voudra équilibrer le tout et donner celui du réalisateur à Denis Villeneuve.

Meilleure actrice: Le combat se fera encore une fois à 2, entre Élise Guilbault pour La donation et Anne Dorval pour J'ai tué ma mère. Malheureusement pour la radieuse Élise, elle a remporté ce même prix il y a quelques années pour La neuvaine (qui était supérieur) pour ce même personnage, alors Anne part avec une petite longueur d'avance. Dommage encore une fois que les jury n'ont pas usés d'audace dans leurs choix. Quelqu'un a vu Eugénie Beaudry dans Demain? N'est-elle pas meilleure que toutes les comédiennes de cinéma de l'année 2010??

Meilleur acteur: Probablement la catégorie la plus évidente de la soirée. Personne ne pourra empêcher Sébastien Ricard de partir avec la statuette pour sa brillante performance dans Dédé à travers les brumes. Comme cette oeuvre n'est pas assurée d'un autre prix majeur, les décideurs voudront la récompenser.

Meilleure actrice de soutiens: Voilà enfin une catégorie intéressante. Pas nécessairement pour les nominées, mais parce que la trop peu connue Sandrine Bisson (pour 1981) a beaucoup de chance d'aller faire un discours à l'avant. On lui souhaite. Et ce sera l'occasion pour que 1981 ne reparte pas bredouille, ce qui éviterait l'humiliation de l'avoir sélectionné dans les catégories de pointe

Meilleur acteur de soutiens: Encore un choix évident, avec Maxime Gaudette, le troublant tueur de Polytechnique, qui éclipse aisément ses partenaires. Difficile de ne pas respecter la logique dans ce cas-ci.

Meilleur scénario: Sauf exception, si un titre reçoit une nomination comme meilleur film et meilleur réalisateur, mais pas pour le scénario, il y a anguille sous roche. C'est toutefois le cas de Polytechnique, 1981 et Before Tomorrow! On aimerait beaucoup que le Émond (La donation) remporte la mise, mais mieux vaut jouer sécuritaire et y aller avec J'ai tué ma mère. Car dans ce beau petit titre cendrillon, ce sont surtout les mots de Dolan qui fonctionnent et ravissent.

Meilleur documentaire: Impossible de passer à côté l'immense Hommes à louer de Rodrigue Jean. La question n'est pas de savoir s'il va gagner, mais si le cinéaste va aller chercher son prix, ce qui n'est pas sûr!

Meilleure musique: Pas certain que les décideurs regarderont les nominés avant de choisir. Pourquoi ne pas rendre hommage à une importante artiste récemment décédée, et honorer du même coup Before Tomorrow qui n'a encore rien gagné? Un choix logique, comme les autres d'ailleurs...

Toutes les nominations se trouvent ici. Bonne soirée de cinéma québécois!

samedi 27 mars 2010

À l'origine, Journal d'un coopérant, Le chômeur de la mort, Chloe, How to Train Your Dragon, Hot Tub Time Machine


Un grand film français, quelques intéressants longs métrages québécois, une histoire d'adultère, de dragons et de voyage dans le temps sont à l'honneur cette semaine.

Envoûtant nouvel essai de Xavier Giannoli (Quand j'étais chanteur), À l'origine (critique) aborde un sujet vrai, s'intéressant à un escroc qui décide de construire un tronçon d'autoroute. Admirablement mis en scène et comprenant un François Cluzet au sommet de son art, ce grand film à la fois social et humain s'avère un des titres les plus intéressants de 2010.

Fidèle à son style, Robert Morin continue à rendre mal à l'aise avec son dernier effort Journal d'un coopérant (critique) où il suit un homme perdre son âme en Afrique. Troublantes et dérangeantes, ses métaphores, même si elles manquent parfois de subtilité, n'auront aucune difficulté à s'inscrire dans l'inconscient.

Documentaire sensible et authentique sur le poète Claude Péloquin, Le chômeur de la mort (critique) de Benjamin Hogue et Pierre Luc Gouin n'a pas la prétention de lever tous ses secrets. Au contraire, il s'intéresse autant à l'homme qu'à l'artiste, le montrant simplement, dévoilant quelques-unes de ses contradictions. La conclusion, très poétique, fait son effet.

Variation sur le décevant Nathalie d'Anne Fontaine, Chole (critique) d'Atom Egoyan n'est pas son meilleur travail en carrière. Cette exploration chaudes mais un peu superficielle des désarrois d'une mère de famille comporte de bons interprètes (Amanda Seyfried, Julianne Moore, Liam Neeson), mais également une conclusion particulièrement décevante. En revanche, la réalisation est exemplaire, comme toujours.

Parfait pour les jeunes garçons, How to Train Your Dragons (critique) du tandem Chris Sanders et Dean DeBlois est parsemé d'humour et de sensations fortes dans cette quête d'un jeune homme qui décide protéger un dragon. Le produit signé DreamWorks manque cependant un peu de profondeur, de magie et de charme pour devenir un classique comme The Iron Giant.

Le pire navet de la décennie jusqu'à maintenant, Hot Tub Time Machine (critique) de Steve Pink insulte l'intelligence avec sa prémisse stupide qui font voyager dans le temps quatre hommes grâce à un jacuzzi magique! Une farce indigeste, scatologique et dommageable, que John Cusack se dépêchera de rayer de son curriculum vitae.

mercredi 24 mars 2010

Entrevue avec Robert Morin pour Journal d'un coopérant


Un film de Robert Morin est toujours un évènement. Afin de souligner la sortie de son récent Journal d'un coopérant, je me suis entretenu avec ce cinéaste iconoclaste et authentique, qui ne déborde pas d'anecdotes, lui qui est capable de parler du septième art pendant des heures et des heures.


Je l'avais déjà rencontré pour son précédent Papa à la chasse aux lagopèdes et pour mon livre, mais c'est toujours fascinant de traiter de cinéma en sa compagnie.

Mon entrevue se trouve ICI.

lundi 22 mars 2010

DVD: Fantastic Mr. Fox, Brothers, The Men Who Stare at Goats, Twilight, Blind Side, Everybody's Fine, Pour toujours les Canadiens, The Raggedy Rawney


Dès demain en dvd, des bêtes sauvage, de la guerre, une horde de comédiens connus, des mélos, des vampires, un vieux film et même un titre à Oscars!

Cette semaine, le titre à louer (ou à acheter) absolument est Fantastic Mr. Fox. Une animation unique et originale de Wes Anderson, comportant des voix hilarantes (George Clooney, Meryl Streep) et une histoire riche de sens, qui s'épuise toutefois un tantinet vers la fin. Non, le combat entre les humains et les animaux aura rarement été aussi drôle.

Le drame humain Brothers de Jim Sheridan, très bon remake d'une oeuvre danoise de Suzanne Bier, mérite également le détour, pour le soin apporté aux personnages et, justement, l'apport de la distribution, qui comprend les excellents Tobey Maguire (injustement ignoré aux Oscar), Natalie Portman et Jake Gyllenhaal. Comme quoi les répercussions de la guerre peuvent être terribles.

Avec son casting exemplaire (George Clooney, Ewan McGregor, Jeff Bridges, Kevin Spacey), il fallait s'attendre nettement plus de The Men Who Stare at Goats de Grant Heslov qu'une mièvre critique des conflits armés. Les frères Coen auraient certainement apportés plus qu'un rythme mou et des gags franchement inégaux.

Autant le premier Twilight séduisait par sa romance kitch, autant New Moon ne sent jamais véritablement l'amour dans son trio à 3 entre une humaine, un vampire et un loup-garou. Une petite déception, surtout de la part du talentueux metteur en scène Chris Weitz.

Sandra Bullock a peut-être remporté l'Oscar de la meilleure actrice, reste que son jeu et l'ensemble de The Blind Side de John Lee Hancock déçoivent par leur prévisibilité et leur ton moralisateur. Comme si la rédemption d'un adolescent devait être traité avec tous les clichés du genre!

Cela va un peu mieux dans le Everybody's Fine de Kirk Jones où Robert De Niro évite enfin les caricatures. Dommage que ces retrouvailles entre un père et ses enfants (Kate Beckinsale, Sam Rockwell, Drew Barrymore) finissent rapidement dans le sirop.

C'est tout de même mieux que l'horrible mélo Pour toujours les Canadiens de Sylvain Archambault qui regroupe une multitude d'acteurs coincés dans des personnages unidimensionnels et si peu intéressants. Facilement un des pires longs métrages québécois de 2009.

Distribué dans les salles de cinéma en 1989, The Raggedy Rawney de et avec Bob Hoskins ressort dans une nouvelle édition dvd. Cette histoire assez déboussolante sur un jeune homme qui déserte l'armée pour se transformer en femme auprès de gypsy ne convainc peut-être pas totalement, mais elle offre un peu de vent frais à des productions si consensuelles et formatées.

Oui, bien sûr, dans le lot je n'ai pu voir Nuages dans la ville de Simon Galiero, mais je vais me rattraper plus tard cette semaine!

dimanche 21 mars 2010

La merditude des choses, The Ghost Writer, Lucidité passagère, Repo Men, Coluche l'histoire d'un mec, Bounty Hunters, Diary of a Wimpy Kid


Très grosse semaine de cinéma avec quelques titres qui méritent réellement l'attention.

À commencer par La merditude des choses (critique ici) de Felix van Groening, un film belge iconoclaste, fou et éclaté, suivant le quotidien d'un jeune adolescent qui est élevé par son frère et ses oncles marginaux. Un petit bijou de comédie qui ne plaira pas à tous, mais qui étonne constamment.

Roman Polanski revient en forme dans The Ghost Writer (critique ici) en adaptant un roman de Robert Harris. Ce suspense où un écrivain qui doit écrire les mémoires d'un ancien Premier ministre se met à enquêter sur les activités de ses patrons comporte une très belle mise en scène (tous les thèmes fétiches du cinéaste y figurent), une trame sonore exquise (d'Alexandre Desplat) et un étonnant Pierce Brosnan. En revanche, Ewan McGregor manque de charisme dans le rôle titre, et le punch de la fin - à l'image du similaire Shutter Island - se laisse deviner longtemps d'avance.

Petit film québécois tourné à huit mains et suivant quatre histoires différentes, l'adaptation cinématographique de la pièce théâtrale Lucidité passagère (critique ici) cherche le sens de la vie chez plusieurs trentenaires. Une courte et élégante oeuvre chorale, parfois un peu superficielle, mais campée par des comédiens exquis.

Long métrage maudit qui change de styles (drame, suspense, comédie très noire) à chaque instant et qui reproduit les schémas des grands classiques de science-fiction des 30 dernières années, Repo Men (critique ici) de Miguel Sapochnik s'intéresse au destin d'un repreneur d'organes qui est sur le point de recevoir sa propre médecine. Un ambitieux et inégal récit malade doté d'une grande violence qui n'est pas toujours facile à supporter, mais qui ne peut que fasciner... positivement ou négativement.

Coluche, l'histoire d'un mec (critique ici) d'Antoine de Caunes n'intéresse pratiquement que pour le jeu sensationnel de François-Xavier Demaison qui se glisse avec maestria dans un rôle difficile. Dommage que l'essai, superficiel et sans grand attrait (qui ne résume que quelques mois l'existence du célèbre humoriste), peine à convaincre... et encore moins un public québécois.

Nouvelle production alimentaire qui base tout sur la chimie (inexistante) de son duo, The Bounty Hunter (critique ici) d'Andy Tennant suit un chasseur de primes qui rigole en partant à la recherche de son ancienne femme. Rarement drôle et maladroitement mouvementée, ce titre aurait pu être divertissant si Jennifer Aniston avait du talent, car à ses côtés, Gerard Butler s'éclate comme un enfant.

Parlant de jeunes âmes, les parents devront y penser à deux fois avant d'amener leurs progénitures voir Diary of a Wimpy Kid (critique ici) de Thor Freudenthal. Les livres étaient peut-être bons, mais certainement pas cette transposition vulgaire, inconséquente et moralisatrice qui remâche sans cette les mêmes thèmes (l'importance d'avoir des amis). Pour cette jeune famille, on conseille d'attendre une semaine afin d'aller voir le mignon How To Train Your Dragon.

samedi 20 mars 2010

Entrevue François-Xavier Demaison pour Coluche, l’histoire d’un mec


Le biopic Coluche, l'histoire d'un mec d'Antoine de Caunes a pris l'affiche hier sur quelques écrans québécois.

Il y a plusieurs jours, j'ai pu m'entretenir en personne avec son (excellent) interprète François-Xavier Demaison, après une entrevue qu'il accordait à Radio-Canada. Cet acteur-humorise au parcours si impressionnant et inspirant porte le film à bout de bras, il est était toujours d'attaque pour en parler et ce, même si le long métrage est disponible depuis une belle lurette en France.

Mon entrevue complète se trouve ICI.