jeudi 9 juillet 2020

Entrevue First Cow

Possiblement le meilleur film de 2020, First Cow conjugue amitié et capitalisme au sein d'une oeuvre d'une beauté à couper le souffle, dont la lenteur de la démarche donne le goût d'aller s'y perdre. Je me suis entretenu avec sa réalisatrice Kelly Reichardt et mon entrevue se trouve dans les pages du journal Métro d'aujourd'hui.

Film du jour: Mary is Happy, Mary is Happy

Faire un film à partir de tweets (410, plus exactement). C'est un peu l'idée folle qu'a eu le cinéaste thaïlandais Nawapol Thamrongrattanarit avec Mary is Happy, Mary is Happy (2013). Et étrangement, cela fonctionne plutôt bien! Malgré quelques longueurs et baisses de régime, ce récit d'apprentissage sur deux amies arrive à traiter de la vacuité de la jeunesse et de son désir de vie, justement. Une mise en scène attentive et des actrices épatantes confèrent à ce petit ovni ses lettres de noblesse. ***1/2

mercredi 8 juillet 2020

Film du jour: The Smiling Lieutenant

The Smiling Lieutenant (1931) est un peu le film de la transition d'Ernst Lubitsch, entre ses sympathiques vieilles comédies et ses classiques à venir. Une transition qui s'effectue en passant du muet au sonore, en affirmant son style et même en troquant la gloire d'hier (Claudette Colbert) pour celle de demain (Miriam Hopkins). Deux excellentes actrices qui mettent le pauvre Maurice Chevalier dans leur poche au sein de cette pétillante farce mélancolique qui, sans être transcendante, comporte son lot de mots d'esprit et une finale particulièrement irrésistible. ***1/2

mardi 7 juillet 2020

Film du jour: The Prince

Si Un prophète de Jacques Audiard avait frayé davantage avec le sexe que la violence, le résultat aurait sans doute ressemblé à The Prince de Sebastian Munoz, un drame carcéral chilien se déroulant sous le régime d'Allende. Malgré ses quelques clichés et passe-droits, ce récit vigoureux propose des scènes d'intimité puissantes qui mettent en valeur la mise en scène adroite et l'interprétation à la fois virile et délicate. En dvd et vidéo sur demande. ***

lundi 6 juillet 2020

Film du jour: Cold Blood

S'il n'y a qu'un seul rôle à retenir de la carrière Jean Reno, c'est bien celui de tueur au grand coeur dans Léon. C'était en 1994, avant une succession d'échecs et de navets. Voilà qu'il reprend du métier avec Cold Blood de Frédéric Petitjean, où il incarne à nouveau un gentil méchant solitaire. Malgré une ou deux images généralement muettes qui exploitent convenablement les couleurs ambiantes (principalement le blanc), il n'y a rien à retenir de cette série B pétrie de clichés, si lente et prétentieuse dans sa façon de vouloir jouer avec la temporalité. Disponible dès demain en vidéo sur demande et Apple TV. *1/2

dimanche 5 juillet 2020

Sorties de la semaine: Les siffleurs, Un fils, 100 kilos d'étoiles

Les cinémas ont finalement pu ouvrir leurs portes! On en profitera pour découvrir sur grand écran quelques films qui en valent la peine et qui étaient jusque-là uniquement disponible à la location (comme It Must Be Heaven et Brumes d'Islande). Au niveau des nouveautés...

Les siffleurs: Il y a ce savoureux polar roumain de Corneliu Porumboiu (12h08 à l'Est de Bucarest) qui charmera à coup sûr les amateurs de Quentin Tarantino avec son intrigue joyeusement bordélique, ses situations saugrenues et son savant mélange de genres. On en redemande. ***1/2

Un fils: Un attentat perpétré en Tunisie devient la métaphore identitaire de ce puissant premier long métrage de Mehdi M. Barsaoui, plus éloquent lorsqu'il demeure au niveau du drame familial que lorsqu'il s'aventure du côté du suspense infernal. La distribution sans fausse note menée par le bouillant Sami Bouajila compense pour un scénario parfois tiré par les cheveux. ***
Ma critique

100 kilos d'étoiles: Ce récit d'initiation pour jeunes adolescents de Marie-Sophie Chambon ne manque pas de candeur dans sa façon de traiter des rêves et de la différence. Il demeure cependant trop convenu et appuyé. Dans le même genre, Jeune Juliette y était supérieur. **1/2

Film du jour: On Through The Olive Trees

Ultime tome de la trilogie Koker, On Through The Olive Trees (1994) est l'aboutissement de la réflexion d'Abbas Kiarostami, qui se sert du cinéma pour réfléchir la vie. Cela se passe par une horde de mises en abyme somptueusement élaborées à l'aide de magnifiques plans symétriques. Son art évolue de plus en plus vers la poésie et si son récit pourrait paraître ténu, il comporte tellement de couches (sur l'humain, la nature, les villages éloignés) que l'on ne voudra que se replonger dans cette trilogie qui apaise instantanément l'âme. ****