mercredi 5 février 2020

Film du jour: Girl

Lauréat de la Caméra d'Or en 2018, Girl de Lukas Dhont est un superbe récit d'apprentissage sur un adolescent qui souhaite vivre dans le corps d'une femme. Ensoleillé malgré ses moments plus ténébreux, ce premier long métrage extrêmement touchant est porté par la prestation gracieuse de Victor Polster et une réalisation d'une sensibilité à fleur de peau. À ne manquer sous aucun prétexte, même si le voir sur grand écran sera extrêmement difficile (Netflix oblige). ****

mardi 4 février 2020

Film du jour: Last Christmas

Immense succès populaire, Last Christmas de Paul Feig sort en blu-ray plus d'un mois après Noël... et une semaine avant la Saint-Valentin. (Universal)

C'est quoi? Une femme malchanceuse dans la vie se lie d'amitié avec un homme qui voit toujours le bon côté de l'existence.

C'est comment? Emilia Clarke est tout simplement craquante dans le rôle principal...

Et pourtant? ... dommage qu'elle ne possède aucune chimie avec Henry Golding. Le récit niais et kitsch demeure extrêmement moralisateur. Et quelle finale ridicule, qui fait hurler de rire au lieu de soutirer les larmes escomptées.

Techniquement? Le succès musical de George Michael sort favorablement des enceintes et les images demeurent de bonne qualité.

Suppléments? Cette édition comprend un blu-ray, un dvd et une copie numérique. Les bonus nombreux cumulent les courts documentaires (sur le réalisateur, les comédiens, les séances d'enregistrement, le froid londonien, etc.). On y retrouve les traditionnelles séquences allongées et supprimées (avec des introductions et conclusions différentes), ainsi qu'un bêtisier et une séance de fou rire. Mais surtout deux pistes de commentaires. Une du cinéaste qui peut s'étendre de long et en large. L'autre plus rigolote du metteur en scène qui est assisté de l'actrice et scénariste Emma Thompson.

Au final? Les bons sentiments n'ont peut-être jamais faits de mal à personne, mais ils finissent littéralement par noyer cette navrante production cinématographique, qui s'avère rapidement indigeste et consternante. *1/2

lundi 3 février 2020

FLCL: Progressive / Alternative

« Warner Bros. Home Entertainment provided me with a free copy of the Blu-ray I reviewed in this Blog Post. The Opinions I share are my own.»

L'animation culte FLCL qui a été diffusée au début du 21e siècle se voit gratifiée de deux nouvelles saisons: Progressive et Alternative.

C'est quoi? Une jeune femme venue de l'espace trouble le quotidien d'adolescents dans sa quête de réduire à néant une terrible menace.

C'est comment? Quelle émission étrange, qui se moque de tout en explorant pratiquement tous les genres! Les personnages s'avèrent rapidement attachants et l'action ne manque pas.

Et pourtant? Les répétitions ne tardent pas à apparaître, surtout dans la troisième saison, plus faible que la précédente. Ce ne sera certainement pas pour tous les appétits.

Techniquement? Le rôle crucial de la musique est relevé par des pistes sonores particulièrement immersives. Les dessins originaux bénéficient de teintes soignées aux couleurs vives.

Suppléments? Cette édition blu-ray comporte également une copie numérique. Les 12 épisodes de 22 minutes chacun sont répertoriés sur deux disques. On retrouve comme bonus cinq documentaires généralement intéressants portant sur le tournage, les créateurs, la musique, les doubleurs anglophones et un making-off.

Au final? Cette série complètement cinglée ne manque pas d'adeptes et même si ces suites ne révolutionnent rien, elles rappellent que la folie et l'originalité ont souvent bien meilleur goût.

Film du jour: Spider-Man: Into the Spider-Verse

Et si l'avenir de Spider-Man résidait en animation? Into the Spider-Verse le prouve haut la main en étant à la fois profond et amusant, parsemé de scènes d'action anthologiques et de personnages attachants. Le tout en bénéficiant de nombreux styles dessinés aussi différents que complémentaires. Une belle réussite en la matière, dont l'éventuelle suite laisse toutefois songeur. ***1/2

dimanche 2 février 2020

Les films préférés de... Pierre Deladonchamps

Découvert dans L'inconnu du lac, l'acteur français Pierre Deladonchamps mène une belle carrière, ayant notamment tourné avec Philippe Lioret (Le fils de Jean), André Téchiné (Nos années folles) et Christophe Honoré (Plaire, aimer et courir vite). On pourra le voir la semaine prochaine dans Les chatouilles, qui prend finalement l'affiche au Québec. J'ai pu lui parler et je lui ai demandé quels étaient ses films (ou réalisateurs) préférés...

« C'est dur d'être exhaustif, mais je vous dirais que mes goûts de cinéma vont d'Almodovar à Haneke. Et c'est marrant, ce sont deux réalisateurs étrangers. Mais j'aime beaucoup le cinéma français, le cinéma émergent d'auteur français. Je trouve qu'il y a un renouvellement qui me plaît beaucoup. Des gens qui osent plus et qui font des bijoux avec peu de choses entre les mains, en terme de budget. Je trouve ça très intéressant. »

Film du jour: Complicity

C'est un premier long métrage plein d'empathie et d'humanité qu'offre Kei Chikaura avec Complicity (2018). D'abord froid et distant, ce destin d'un Chinois qui tente de travailler illégalement au Japon réchauffe le coeur comme les nouilles de soba peuvent réconforter l'estomac. Entre différents détours mélodramatiques et sentimentaux moins convaincants apparaît un noble récit sur la transmission, qui se termine en rendant l'âme plus légère. À découvrir en dvd (Film Movement). ***1/2

samedi 1 février 2020

Sorties au cinéma: Une femme ma mère, Papicha, Kenbe la - jusqu'à la victoire, Le rire, Quezon's Game, Joyeuse retraite!

Le Québec s'impose cette semaine dans un cinéma près de chez vous.

Une femme, ma mère: Conviant le fantômes de sa mère et ceux de grands maîtres du septième art, Claude Demers propose un objet hybride d'une grande beauté poétique, dont le désir de filiation et de cinéma s'avère plus fort que tout. ****

Papicha: En s'inspirant de sa propre jeunesse pendant les années noires d'Algérie, Mounia Meddour signe oeuvre forte, douloureuse et ultimement ensoleillée, centrée autour de la sororité et de la solidarité féminine, que même quelques excès finaux n'arrivent pas à atténuer. ***1/2

Kenbe la - jusqu'à la victoire: C'est un documentaire noble et sensible que propose Will Prosper en suivant l'artiste Alan Philoctète en Haïti. Sa quête fait sens et elle est exprimée par des images puissantes (au symbolisme cependant un peu appuyé). ***

Le rire: Léane Labrèche-Dor crève l'écran dans ce récit déboussolant de Martin Laroche, qui multiplie les ruptures de tons pour rappeler l'absurdité de l'existence. Un trip unique en son genre, aussi fascinant qu'irritant. ***

Quezon's Game: Rappeler le rôle des Philippines pendant la Seconde Guerre mondiale demeure important. Sauf qu'une excellente idée ne fait pas nécessairement un film intéressant et ce long métrage de Matthew Rosen l'apprend à ses dépend en demeurant didactique, figé et poussiéreux... autant que sa réalisation et ses interprètes. Qui ne fait pas Schindler's List qui veut. *1/2

Joyeuse retraite!: Il y a 35 ans, le Splendid aurait accouchée d'une comédie grinçante sur le sujet. Mais dans les mains de Fabrice Bracq, cela devient une production idiote, fatiguée et inoffensive, qui sabote l'immense talent de Thierry Lhermitte. Ce dernier semble sévèrement s'ennuyer, alors imaginez le spectateur?! *1/2