mardi 3 mars 2020

Queen & Slim (dvd)

Melina Matsoukas signe avec Queen & Slim un premier long métrage percutant. (Universal)

C'est quoi? Deux jeunes afro-américains sont recherchés par la police pour la mort d'un policier.

C'est comment? La chimie sensuelle entre les comédiens ne fait aucun doute et l'esthétisme léché de la mise en scène évoque celle des vidéoclips.

Et pourtant? Le scénario manipulateur manque de subtilité et il rappelle de nombreux films sur le sujet, que ce soit Bonnie and Clyde ou Thelma & Louise.

Techniquement? Les nombreuses teintes colorées ressortent favorablement de l'écran, tout comme les mélodies accrocheuses des différentes enceintes.

Suppléments? Cette édition comprend de nombreux bonus: une piste de commentaires extrêmement intéressante de la cinéaste et de la scénariste Lena Waite, un documentaire sur le tournage, une lecture du script, des entretiens avec les acteurs et une plongée dans les lieux où se situent l'action.

Au final? En traitant d'un sujet essentiel d'une façon pop, cette production ratisse large, cherchant à rejoindre un large public sans sacrifier ses qualités cinématographiques. Lorsque le road-trip se veut à la fois romantique et politique.

Mon entrevue avec la réalisatrice

Film du jour: Ne Zha

Immense succès au box-office chinois, le dessin animé Ne Zha de Yu Yang débarque dans le confort de son foyer. (Well Go USA)

C'est quoi? Un jeune garçon doit choisir entre devenir un héros ou se transformer en démon.

C'est comment? La qualité des combats est foudroyante. Il y a suffisamment d'humour et d'action pour épater la galerie.

Et pourtant? L'histoire n'est pas la plus intéressante et les morales collantes déferlent à la toute fin.

Techniquement? L'animation soignée en met plein la vue. Quelques moments fantaisistes favorisent la fuite des conventions et de peinturer un monde fou, fou, fou.

Suppléments? Cette édition comprend un blu-ray et un dvd. Les bonus comprennent quelques bandes-annonces et de la publicité de productions diverses.

Au final? Ce divertissement spectaculaire à souhait permet aux dessins animés chinois d'enfin sortir du lot. Le triomphe fut tel qu'une suite est déjà prévue... ***

lundi 2 mars 2020

Entrevue La fameuse invasion des ours en Sicile

Adapter avec succès le classique littéraire de Dino Buzzati n'est pas un mince exploit. Lorenzo Mattotti y est arrivé avec La fameuse invasion des ours en Sicile. Je me suis entretenu avec le réalisateur et bédéiste et mon entrevue se trouve dans les pages du journal Métro d'aujourd'hui.

Film du jour: All Nighter

Depuis le triomphe de Whiplash, J.K. Simmons possède un côté cool qui lui permet d'être à l'aise dans tous ses rôles, même au sein de films terriblement oubliables comme All Nighter de Gavin Wiesen. Il campe un drôle de duo avec Emile Hirsch, qui incarne son ancien gendre. Lors d'une folle nuit, les deux hommes que tout opposent finiront d'ailleurs pour se rapprocher. Au rit bien peu devant cette comédie faussement outrancière, qui tourne rapidement en rond en exploitant toujours les mêmes gags. **

dimanche 1 mars 2020

Les fleurs oubliées (dvd)

Que serait le cinéma québécois sans André Forcier? L'adepte du réalisme magique signe avec Les fleurs oubliées un de ses films les plus colorés en carrière. (Filmoption International, TVA Films)

C'est quoi? Quelques marginaux décident de s'allier afin de prendre soin de la planète.

C'est comment? Le récit complètement cinglé est un hymne au changement, à l'amitié et à la famille. Les dialogues fondent dans la bouche et l'interprétation demeure dans le ton voulu.

Et pourtant? Il n'y a rien de très subtil. Quelques intrigues secondaires ne tardent pas à plafonner.

Techniquement? La photographie exquise est relevée par des images précises et détaillées.

Suppléments? Cette édition comporte un dvd. On retrouve comme bonus trois bandes-annonces de productions diverses et une fausse publicité de la compagnie Transgénia.

Au final? Cette satire du monde qui nous entoure fait figure d'ovni au sein de notre cinématographie... et elle s'inscrit parfaitement dans la filmographie de son auteur. Sans nécessairement se renouveler, le cinéaste rappelle qu'il n'a rien perdu de sa pertinence, étant prêt à passer le flambeau à la jeune génération.

Ma critique

Mes entrevues

Les films préférés de... Marc-André Grondin

Marc-André Grondin a littéralement grandi devant la caméra. Révélé au cinéma dans C.R.A.Z.Y., il s'est ensuite imposé dans des rôles majeurs, que ce soit dans Le premier jour du reste de ta vie, L'affaire DumontVic + Flo ont vu un ours et Les affamés Je l'ai rencontré pour la sortie de Mafia.inc. (mon entrevue) et je lui ai demandé quels étaient ses films préférés...

« 2001: A Space Odyssey, Stand By Me et My Left Foot m'ont marqués. Je me souviens la première fois que je les ai vus à tel point cela m'avait rentré dedans.

J'avais vu Stand By Me chez Jean-Marc Vallée. J'avais fait un court métrage quand j'étais petit et six mois après, j'étais allé avec mes parents soupez chez lui. Il m'avait crissé Stand By Me dans le salon pendant que les adultes parlaient dans la cuisine. J'avais capoté. C'est la première fois que je voyais des jeunes jouer de même. Ce film-là est extraordinaire.

2001, je pense que tout mon côté symétrique, obsessif compulsif, la droiture, avec des travellings bien lents vient de là. À chaque fois, je trouve que c'est un film agréable à regarder. C'est anxiogène, vraiment.

Je me souviens d'avoir vu My Left Foot quand j'étais enfant, dans le sous-sol, je pense que ça passait à Canal D un week-end. Je suis allé voir mes parents après. Hey, l'acteur, il est vraiment bon, il est handicapé. Mes parents m'ont dit que non. Mais j'étais sûr qu'il était handicapé. Je faisais de la télé, des films depuis que j'avais 3 ans et je n'avais jamais compris avant ce film-là c'était quoi jouer, tout ce que tu pouvais faire. Je pensais que tu mettais du linge, tu dis des lignes et il ne fallait pas que tu chantes tes répliques. Alors que là, oui, tu peux vraiment te métamorphoser, tu peux faire autre chose, tu peux faire ce que tu veux. »

Film du jour: Green Green Grass of Home

Oeuvre de transition dans la riche filmographie de Hou Hsiao-hsien, Green Green Grass of Home (1982) conserve les codes de la comédie sentimentale joyeusement kitsch en y intégrant des éléments plus personnels: une plongée dans une communauté, de la mélancolie, le riche apport d'enfants et de la nature. Cela donne un récit écologique gentil et attachant comme tout, dont le meilleur restait évidemment à venir. ***