mardi 19 avril 2016

Film du jour: Creative Control

Et si les technologies censées nous rapprocher nous éloignaient? C'est cette prémisse éprouvée qui représente le cortex principal de Creative Control, une satire de science-fiction de Benjamin Dickinson qui est tellement grosse et peu subtile qu'elle manque sa cible. Pendant que les enjeux se répètent, les personnages inintéressants se multiplient et avec eux, une image stylisée en noir et blanc qui est particulièrement prétentieuse et soporifique. Au Centre Phi du 19 au 21 avril. **

lundi 18 avril 2016

Film du jour : Requiem for the American Dream

S'il y a un seul documentaire à voir cette année, c'est certainement Requiem for the American Dream de Kelly Nyks, Jared P. Scott et Peter D. Hutchison qui est présenté ce soir au Centre Phi. Noam Chomsky décortique de façon claire et précise le changement de paradigme des États-Unis et ce qui a débalancé socialement et économiquement la plus grande puissance mondiale. Cela donne un fascinant exposé de 70 minutes où une réalisation sobre, discrète et attentive est entièrement au service de son interlocuteur. ***1/2

dimanche 17 avril 2016

Film du jour: Antonia's Line

Disponible pour la première fois en Blu-ray de ce côté de l'Atlantique, Antonia's Line de Marleen Gorris s'est mérité l'Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1996. Deux décennies plus tard, ce récit féministe sur une lignée de femmes fortes a un peu vieilli, mais il charme tout autant avec ses personnages caricaturés mais désopilants, son humour désespéré et sa poésie surréelle. ***1/2
Ma critique

samedi 16 avril 2016

Des films pour secouer l'indifférence

Le cinéma ne sert pas seulement à divertir. Le septième art peut également être utilisé pour changer les choses. C'est dans cette optique que seront diffusés gratuitement aujourd'hui à 14h et demain à 13h (à l'Association des Réalisateurs et Réalisatrices du Québec au 5154 St-Hubert à Montréal) six documentaires qui traitent d'inégalités, d'injustices, de droits et de libertés. Une initiative de la Fondation Alter-Ciné qui fête son 15e anniversaire et qui a soutenu financièrement ces productions qui viennent du Brésil, de l'Inde, du Pakistan et d'Afrique du Sud.

Film du jour: The Navigator

Buster Keaton n'est pas le plus grand génie comique du septième art (à égalité avec Chaplin) pour rien. Même si ses films ont plus de 90 ans, ils continuent à faire rire énormément. C'est le cas de son chef-d'oeuvre The Navigator où l'homme est confronté à la machine et que notre héros tente de survivre sur un immense bateau en compagnie de sa future fiancée. Les situations sont folles, hilarantes, alors que les morceaux de bravoure se succèdent au tournant. Un classique instantanément qui offre une des oeuvres les plus jouissives de l'existence. *****

vendredi 15 avril 2016

Sorties au cinéma : Avant les rues, Sleeping Giant, Dark Horse, Les chevaliers blancs, Mon roi, Made in France, Miles Ahead, Regression

Deux très intéressants premiers films retiennent notre attention dans les sorties de la semaine, qui comprennent également les derniers efforts de Maïwenn et Alejandro Amenabar.

Drame poétique sur les difficultés d'un jeune atikamekw, Avant les rues de Chloe Leriche bénéficie d'une histoire sensible et d'une interprétation solide. Espérons seulement que la prochaine fois, il y ait moins de clichés et que le montage soit un peu plus resserré. ***
Ma critique

Chronique implacable d'une jeunesse qui risque de mal tourner, Sleeping Giant d'Andrew Cividino sent la vérité à plein nez. La mise en scène est solide et le drame nourri même si les conventions du genre ne sont jamais bien loin. Enfin un bon film du Canada anglais! ***

Tentant de se tenir loin des stéréotypes de "l'enseignant qui donne de l'espoir à des jeunes désœuvrés", Dark Horse de James Napier Robertson vaut le coup d'oeil. Oui c'est trop long et prévisible, mais le personnage principal est vraiment très intéressant et la réalisation bien mouvementée. ***

Les chevaliers blancs est une nouvelle oeuvre empreinte d'ambiguïté de la part de Joachim Lafosse qui porte sur de drôles de sauveurs d'enfants dans un pays africain. Naviguant constamment entre les zones grises, le long métrage ne se laisse pas amadouer facilement et s'il comporte de très bons interprètes et quelques scènes marquantes, l'ensemble n'est pas totalement abouti et il ne fait pas le poids aux côtés de Nue propriété, Élève libre et surtout À perdre la raison du même cinéaste. ***

Bien qu'Emmanuelle Bercot ait remporté un prix d'interprétation à Cannes, elle demeure insupportable dans Mon roi où elle passe son temps à se chamailler avec Vincent Cassel. Le nouveau Maïwenn est peut-être parsemé de qualités (réalisation, soin apporté aux personnages), ses tics ressortent aisément et l'exaspération se fait ressentir au sein de ces deux heures. **1/2

Impossible de trouver un film plus d'actualité que Made in France de Nicolas Boukhrief, qui traite d'endoctrinement religieux et dont la sortie a été annulé dans l'Hexagone suite aux attentats du 13 novembre. Il ne faut toutefois pas s'attendre à quelque chose d'aussi fort que La désintégration de Philippe Faucon. Ce récit d'infiltration est parsemé de lourdes ficelles qui ne font pas dans la subtilité et la mise en scène manque cruellement de cinéma. **1/2

À force de vouloir à tout prix éviter les pièges du biopic classique, Miles Ahead de et avec Don Cheadle ne rend pas honneur au mythe de Miles Davis, perdant le grand musicien dans une intrigue à deux sous où tous les clichés du genre (drogue, amour malheureux, déchéance, etc.) se retrouve à nouveau de la partie. L'interprétation est intense et le montage brutal, ce n'est pas suffisant pour sauver un scénario qui laisse terriblement à désirer. **

Sans nouvelle d'Alejandro Amenabar (The Others, La mer intérieure) depuis Agora en 2008, le voilà rappliquer avec Regression, un drame horrifique qui ressemble davantage à une série B et où Ethan Hawke enquête sur ce qui est arrivé à Emma Watson. Un retour décevant pour un ancien grand cinéaste, qui signe un scénario mécanique, prévisible et parsemé de fils blancs. **
Mon entrevue avec le réalisateur
Ma critique

Film du jour: Late Autumn

Variation sur son propre chef-d'oeuvre Late Spring, Late Autumn de Yasujiro Ozu fait culminer le thème fétiche de son auteur - mariage et remariage - à travers un récit extrêmement agréable où jeunes et aînés ont leur mot à dire sur le bonheur d'une famille. Ce qui s'annonce comme une réelle comédie bifurque à la fin vers le drame poignant: une spécialité de son maître qui apparaît ici en pleine possession de ses moyens. ****