dimanche 10 avril 2016

Sorties au cinéma : Demolition, The Saver, The Boss, Les visiteurs : La révolution

Il y a des semaines comme ça où la majorité des nouveautés au cinéma ne valent pas le détour. Comme je me promets de rattraper le film de Richard Linklater en dvd, voici ce qui demeure intéressant... ou à éviter.

Jean-Marc Vallée continue son aventure américaine avec Demolition, un divertissement honorable sur un veuf qui est incapable de pleurer la mort de son épouse. Malgré un scénario paresseux qui emprunte trop à Fight Club, une abondance de métaphores et un ton manipulateur où les émotions ne fonctionnent pas, le récit fait beaucoup rire et il est animé d'une mise en scène vivante et d'interprètes en pleine forme. Jake Gyllenhaal y trouve là un rôle parfait pour lui. ***

Il faut souvent plus que de la sincérité et des bonnes intentions pour qu'un film tienne la route. The Saver de Wiebke von Carolsfeld dresse peut-être le portrait délicat d'une adolescente qui tente de s'arranger seule à Montréal après le décès de sa mère, le long métrage souffre de nombreuses maladresses et d'une histoire rachitique qui finit par se retourner contre lui. **

Melissa McCarthy est capable du meilleur comme du pire. C'est le second qu'elle offre dans The Boss de son mari Ben Falcone (Tammy), une comédie absurde jamais vraiment drôle sur une femme riche et puissante qui tente de sauver son âme en côtoyant une employée et sa fille. C'est lourd, ennuyant, moralisateur et assez consternant. *1/2

C'est tout de même moins pire que Les visiteurs: La révolution de Jean-Marie Poiré, une daube prisonnière de sa phase anale qui fait soupirer du début à la fin. Pas surprenant qu'on n'a pas voulu montrer à la presse cette horreur qui se déroule pendant la Terreur. *

Film du jour: Le bouton de nacre

Film de clôture du 7e festival du cinéma latino-américain de Montréal, le magistral Bouton de nacre de Patricio Guzman tente de relier la découverte de deux boutons qui ont un rôle fondamental à jouer dans la composition de la planète. Avec ses paysages extraordinaires, ses réflexions essentielles sur l'infiniment grand et petit et sa façon d'éclairer les fantômes du Chili, ce documentaire vaut son pesant d'or et il doit être découvert et admiré au cinéma. Une oeuvre marquante, qui prendra officiellement l'affiche au Cinéma du Parc le 29 avril prochain. ****

samedi 9 avril 2016

Film du jour: Les chansons d'amour

Alors que son nouveau film Les malheurs de Sophie prendra l'affiche dans les prochains jours en France, on se rend compte que l'irrésistible Les chansons d'amour de Christophe Honoré n'a pas pris une ride. Bien plus qu'une simple variation sur le cinéma de Jacques Demy, ce drame faussement léger distille un parfum de mélancolie qui prend aux tripes et qui enchante au plus haut point avec ses chansons inoubliables. ****

vendredi 8 avril 2016

Film du jour: Les visiteurs

Comme le troisième tome - quatrième si l'on compte le volet américain - prend l'affiche aujourd'hui au Québec, il peut être intéressant de se replonger dans le premier Les visiteurs qui est sorti en 1993. Sans parler de grand film, cet énorme succès commercial de la part de Jean-Marie Poiré sait comment divertir avec ses situations loufoques, ses dialogues aiguisés et ses personnages complètement fous. La mise en scène est relevée et les interprètes parfaitement dans leur élément. Il y a bien quelques gags douteux, mais la plupart finissent par toucher la cible. ***

jeudi 7 avril 2016

Film du jour: Too Big too Fail

Diffusé en 2011 sur HBO, Too Big to Fail est un téléfilm généralement haletant et passionnant sur la façon dont les États-Unis se sont sortis de la crise économique de 2008. Trop verbeux et simplifié, le sujet n'en demeure pas moins fascinant et grâce à la réalisation nerveuse de Curtis Hanson et une solide distribution d'ensemble (William Hurt, Paul Giamatti, James Woods...), il est aisé d'y prendre part même si le sujet peut paraître rébarbatif. ***

mercredi 6 avril 2016

Film du jour: El Clan

Le cinéaste argentin Pablo Trapero en avait impressionné plusieurs il y a quelques années avec Carancho. Comme son White Elephant n'a pas été distribué au Québec, il faut se rabattre sur El Clan qui a remporté le prix de la mise en scène au festival de Venise. La réalisation mouvementée et dynamique est justement le principal attrait de ce long métrage qui emprunte un peu trop au cinéma de Scorsese. Lorsque l'intrigue touffue sous fond de kidnappings va dans tous les sens et que les personnages versent dans la caricature au lieu de prendre de l'étoffe, on se concentre sur la beauté du geste et la solidité de l'interprétation jusqu'au moment où la mécanique tourne à vide. **1/2

mardi 5 avril 2016

Nouveautés DVD/Blu-Ray : Ouïghours prisonniers de l’absurde, Star Wars : The Force Awakens, Je suis à toi, Forsaken, Cooties, Riot : Cage to Kill, The Expanse : Season One

Devant le froid qui se fait à nouveau ressentir, il est tentant de demeurer à la maison. Cela tombe bien, on est mardi, journée par excellence des nouveautés en DVD et Blu-ray.

La sortie la plus intéressante de la semaine est Ouïghours, prisonniers de l'absurde de Patricio Henriquez, un documentaire saisissant sur le sort d'hommes esclaves qui ne peuvent sortir de Guantanamo. Une oeuvre révoltante et éclairante tout à la fois. ***1/2

Avec ses superbes suppléments et sa qualité vidéo et audio impeccable, l'édition Blu-ray et DVD de Star Wars: The Force Awakens mérite vraiment le détour. Dommage qu'au second visionnement, le populaire film de J.J. Abrams peine à captiver jusqu'à la fin, emprutant beaucoup trop aux précédents épisodes. ***

Étonnante relation entre deux hommes qui n'ont pourtant rien en commun, Je suis à toi de David Lambert pique la curiosité et si l'histoire manque d'impact, l'interprétation compense ces faiblesses, tout comme l'humour insoupçonné qui en ressort. ***

Kiefer et Donald Sutherland incarnent fils et père dans Forsaken de Jon Cassar, un satisfaisant western à l'ancienne qui ne surprend guère mais qui tient la route grâce au traitement solonnel de son sujet. ***

Des enfants zombies qui sèment le chaos dans une école? L'idée est géniale et bien que Cooties de Jonathan Milott et Cary Murnion tombe au neutre à mi-chemin, il y a suffisant de situations tordues pour intéresser les amateurs du genre. **1/2

Série B sans queue ni tête se déroulant dans un pénitencier bien particulier, Riot: Cate to Kill de John Lyde est une production anonyme, laborieuse et sans aucun intérêt. * 

Pour se remonter le moral, il y a toujours The Expanse: Season One, une série de science-fiction intrigante à ses heures qui se veut plutôt satisfaisante.