lundi 2 avril 2018

Film du jour: Téhéran Tabou

Toujours à l'affiche dans les salles de cinéma, Téhéran Tabou d'Ali Soozandeh offre une radioscopie implacable de la société iranienne. Le sujet fort et important, ainsi que certains moments prenants (comme la finale), ne font toutefois pas oublier le traitement manichéen de l'ensemble. Comme si le réalisateur/scénariste était plus intéressé à choquer qu'à définir la psychologie de ses personnages. L'animation en rotoscopie n'apporte d'ailleurs pas le même souffle dramatique que sur le chef-d'oeuvre Valse avec Bachir. **1/2

dimanche 1 avril 2018

Les films préférés de... Sophie Dupuis

Après quelques courts métrages remarqués, Sophie Dupuis est passée au long métrage avec l'énergique Chien de garde. Je l'ai rencontrée pour l'occasion (mon entrevue) et je lui ai demandé quels étaient ses films préférés. Voici sa réponse...

« Ce serait Snowtown (de Justin Kurzel) comme expérience de cinéma. Il y a des scènes particulièrement violentes... Tous les gens réagissaient physiquement et verbalement dans la salle. À un moment donné, je riais de bonheur, de vivre quelque chose de physique en voyant un film. C'est génial, je veux faire ça! Ce film-là m'influence encore aujourd'hui. Je le revois souvent. En plus, c'est avec des non-acteurs, la mise en scène est géniale. C'est vraiment un des films qui a changé mon approche.

J'aime les films violents, où il y a une violence psychologique. J'aime les films dynamiques. Je suis de moins en moins capable d'apprécier les films lents. Je suis vraiment attirée quand ça explose de partout. Peut-être c'est parce que c'est ce que j'aime faire et j'aime ça me nourrir de ça. J'ai de plus en plus envie de faire des films qui divertissent tout en disant des choses. Je suis attirée par des films colorés, qui racontent bien une histoire. »

Film du jour: Harvey

Au rayon des duos les plus iconoclastes du cinéma, il y a James Stewart et Harvey, un lapin imaginaire. Adapté d'une pièce à succès, ce long métrage réalisé sobrement par Henry Koster ne renie pas les origines de son brillant texte (sur la marginalité, la spiritualité), tout en permettant à ses comédiens d'émouvoir et de faire rire. À la Cinémathèque. ***1/2

samedi 31 mars 2018

Sorties au cinéma: Isle of Dogs, La villa, Ready Player One, Claire l'hiver, Journey's End, Louise Lecavalier: Sur son cheval de feu, Jalouse, Main basse sur la ville, Marvin ou la belle éducation

Les sorties sont à nouveau nombreuses cette semaine au cinéma. Une sort toutefois du lot...

Isle of Dogs: Il est impossible de résister à cette animation de Wes Anderson, aussi drôle qu'intelligente et mignonne. Entre les messages sociaux, les voix sélectionnées et les trouvailles visuelles, le bonheur du cinéphile sera immense. ****

La villa: La petite musique de Robert Guédiguian opère à nouveau. Même si l'on reconnaît ses tics (lourdeurs, démonstration, naïveté), le mélange entre gravité et espoir atteint des sommets. Sa brochette de personnages est plus attachante que jamais et il ose des détours vers le théâtre avec ce Tchekhov déguisé, où la disparition des valeurs et des idéaux prennent un sens nouveau grâce à la magie du cinéma. ***1/2

Ready Player One: Steven Spielberg s'amuse comme un fou au sein de ce divertissement réglé au quart de tour. Oui, c'est trop long, redondant, superficiel et puéril, mais les Geeks seront au septième ciel avec cet hommage à la culture pop et aux années 80, autant en musique, en films et en jeux vidéos. ***

Claire l'hiver: C'est un petit film ludique et singulier que propose ici Sophie Bédard Marcotte. Au-delà d'une histoire volontairement relâchée sur l'ennui se trouve un agréable travail de mise en scène, de la folie à revendre et une tonne de références (Marker, Akerman, etc.). Une cinéaste à suivre! ***

Journey's End: Cette adaptation d'une pièce théâtrale sous fond de la Première Guerre mondiale de la part de Saul Dibb conserve son esthétisme verbeux (les dialogues sont toutefois soignés), qui est agrémenté de bons comédiens et d'un jeu séduisant sur la lumière et les mélodies. ***

Louise Lecavalier: Sur son cheval de feu: Ce documentaire de Raymond St-Jean sur une danseuse d'exception vaut surtout pour ses longues et fabuleuses chorégraphies. Car la succession de têtes parlantes n'est pas toujours passionnante. ***

Jalouse: Karin Viard crève l'écran dans cette comédie dramatique de David et Stéphane Foenkinos, qui aurait pu pousser davantage ses thèmes au lieu de demeurer en surface. On passe tout de même un bon moment. ***

Main basse sur la ville: Le sujet de ce documentaire de Martin Frigon sur l'état de Montréal est fascinant et nécessaire. Dommage que le traitement cinématographique laisse autant à désirer. Voilà un objet qui aurait davantage eu sa place à la télévision. **1/2

Marvin ou la belle éducation: Anne Fontaine est une cinéaste imprévisible. Pour le meilleur et pour le pire. On se trouve dans la seconde catégorie avec ce récit d’initiation plein de clichés, aux personnages vides et caricaturaux. **

Film du jour: Wallace & Gromit: The Curse of the Were-Rabbit

Le studio Aardman possède un charme légendaire et Wallace & Gromit: The Curse of the Were-Rabbit de Nick Park et Steve Box s'avère une réussite exemplaire. Les petits riront aux larmes devant les folles aventures de ces personnages attachants, alors que les plus grands seront au septième ciel avec tous les sous-entendus savoureux. De quoi faire oublier leur plus ordinaire Eary Man qui a débarqué sur nos écrans au début de l'année. À voir en famille à la Cinémathèque québécoise. ***1/2

vendredi 30 mars 2018

Entrevue Anne Dorval (Jalouse)

En meilleure amie de Karin Viard dans la comédie dramatique Jalouse, Anne Dorval trouve un beau personnage. Je me suis entretenu avec elle - et le coréalisateur Stéphane Foenkinos - et mes entrevues se trouvent dans les pages du journal Métro d'aujourd'hui.

Film du jour: Inland Empire

Dernier film de David Lynch, Inland Empire est également son long métrage le plus cinglé en carrière. Une oeuvre étrange, bizarroïde et sous psychotropes, qui se savoure comme un rêve disjoncté de trois heures où il est question d'Hollywood, de lapins et de tous les thèmes fétiches de son auteur. On s'y plonge à ses risques et périls et plus on le voit, plus on remarque comment l'ensemble est beau, grand et important. À la Cinémathèque québécoise. ****