L'idée de départ du film Les revenants de Robin Campillo a du génie: qu'est-ce qu'il arriverait si les gens morts revenaient à la vie et tentaient de reprendre leur place dans la société? À partir de cette prémisse géniale, le récit fait malheureusement du surplace trop rapidement, n'arrivant pas toujours à exploiter en profondeur ses thèmes (tout le contrairement, certainement, de la série télévisée qui en découle). Heureusement, l'atmosphère en place - comme une dose de lithium vivifiante - fait rapidement son effet, poussant le spectateur à demeurer jusqu'à la fin pour voir comme le tout va se terminer. ***
mercredi 2 octobre 2013
mardi 1 octobre 2013
DVD : The Little Mermaid, The Croods, The English Teacher
Les nouveautés dvd et blu-ray sont peu nombreuses cette semaine.
Cela n'empêche pas Disney de ressortir en format Blu-ray son classique The Little Mermaid. Toujours aussi agréable à regarder malgré ses morales douteuses (sur les femmes et le mariage), ce superbe dessin animé est un plaisir à regarder et à entendre. Et les suppléments qui totalisent trois heures de bonus combleront le plus ardent des fans. ****
Ayant remportée un succès fou sur les écrans plus tôt cette année, l'animation The Croods qui reprend l'essence des Pierrafeu est un divertissement spectaculaire et honorable. Mais pourquoi diable a-t-on senti le besoin de l'accompagner de discours de la droite conservatrice? ***
Julianne Moore y est toujours excellente, sauf que The English Teacher de Craig Zisk qui porte sur la relation entre une enseignante et un ancien élève manque sérieusement d'humour, de drames, de répliques cinglantes ou tout simplement de tonus pour intéresser plus qu'une demi-heure. **
Film du jour: The Fugitive Kind
The Fugitive Kind aurait dû être un grand film. Surtout si l'on se fie à l'équation suivante: c'est adapté d'une pièce de théâtre de Tennesse Williams (qui s'est occupé lui-même du scénario), c'est réalisé par Sidney Lumet et ça met en vedette Marlon Brando. Pourtant, quelque part, ce mélo sur un homme qui débarque dans une petite ville pour séduire bien malgré lui deux femmes n'est pas tout à fait au point. Malgré un soin apporté aux images, des thèmes sombres et d'excellentes interprétations, le récit ne sait pas toujours où il va et le rythme manque de consistante. Du coup, une certaine déception s'installe malgré les qualités qui sont palpables. ***
lundi 30 septembre 2013
Film du jour: Les communiants
Second volet de sa trilogie sur la foi, Les communiants d'Ingmar Bergman expose les doutes d'un pasteur. Drame de chambre âpre et tendu, ce récit passionnant et très personnel de la part de son auteur interroge la présence du sacré dans la vie de tous les jours, en plus de questionner l'apport de l'amour en temps de crise. Que l'on s'attarde seulement aux magnifiques images de Sven Nykvist, aux performances formidables des comédiens ou à la richesse du scénario, il s'agit d'une grande oeuvre qui impose le respect. ****1/2
dimanche 29 septembre 2013
Film du jour: À travers le miroir
Premier tome de sa trilogie sur la foi, À travers le miroir d'Ingman Bergman suit quatre personnes sur une île déserte qui sont confrontées aux crises de folie d'une des leurs. Mis en scène de façon sobre et bénéficiant de superbes images en noir et blanc, ce fascinant drame intimiste pose d'excellentes questions sur notre appartenance au monde et aux autres. L'interprétation est, comme d'habite chez le maître cinéaste, de premier ordre. ****1/2
samedi 28 septembre 2013
Nouveautés en salles: Enough Said, Volcano, Alyah, Cloudy With a Chance of Meatballs 2, Salinger, On the Job, La marque des anges, Paris à tout prix, The Art of the Steal
Les semaines se suivent et se ressemblent, offrant au niveau des sorties en salles un beau mélange de films intéressants et de longs métrages à éviter.
Réalisatrice de l'excellent Please Give, Nicole Holofcener est de retour avec Engouh Said, une autre savoureuse comédie dramatique sur l'amour et la famille. Le regretté James Gandolfini y livre probablement la meilleure performance de sa carrière au cinéma. ***1/2
Présenté à Cannes en 2011, Volcano du cinéaste islandais Runnar Runarsson ressemble au Amour d'Haneke dans sa façon de filmer un homme qui s'occupe de son épouse malade. Même s'il est un peu inférieur, ce récit ne manque pas de vie et de grands moments de cinéma. ***1/2
S'inspirant du cinéma de James Gray sans en posséder la force dramatique, Alyah est un premier effort satisfaisant d'Elie Wajeman, sur les aventures d'un Français qui tente d'immigrer en Israël. La mise en scène est sensible et l'interprétation, plutôt solide. ***
Débutant là où le premier s'arrêtait, Cloudy With a Chance of Meatballs 2 de Cody Cameron et Kris Pearn offre ce même mélange d'odyssée inattendue et de personnages savoureux. Les morales sont lourdes, sauf que l'imagination est constamment au pouvoir. ***
Trop long documentaire (plus de deux heures) sur le célèbre écrivain, Salinger de Shane Salerno passionne dans son étude journalistique qui fait découvrir un homme hors de l'ordinaire. Dommage que la dernière demi-heure vienne tout bousiller en s'avérant sensationnaliste, voyeuse et de mauvaise foi. ***
Vampirisant à peu près tout ce qui faisait la force d'Infernal Affairs, On the Job d'Erik Matti est un foutoir sur la corruption aux Philippines qui se prend terriblement au sérieux et qui n'approfondit aucun de ses thèmes. La direction des comédiens laisse à désirer et la réalisation tape-à-l'oeil verse dans le banal exercice de style. Pourtant, le potentiel y était... **
Suspense conventionnel sur deux flics aux méthodes discutables qui font équipe, La marque des anges de Sylvain White regorge de clichés et de fils blancs. Quelle chance qu'il y a le tandem formé de Gérard Depardieu et de Joey Starr pour passer le temps. **
Énervant de la première à la dernière image, Paris à tout prix de et avec Reem Kherici suit une jeune femme qui apprendra à être gentille, à faire le point avec sa famille et ses origines. Une chronique moralisatrice insupportable qui s'oublie heureusement rapidement. *1/2
Sorti en salle dans la plus grande discrétion (il n'y a eu aucune projection de presse), The Art of the Steal de Jonathan Sabol est une comédie noire assez consternante sur le vol d'un livre sacré. Comme si un disciple de Guy Ritchie reprenait un Ocean's Eleven cheap, pour l'arroser avec un ersatz d'Usual Suspects. Ça fait pitié à voir. *1/2
Film du jour: Long Day’s Journey Into Night
Sidney Lumet dynamite la pièce Long Day's Journey Into Night d'Eugene O'Neill grâce à sa superbe mise en scène qui, sans renier ses fondements théâtraux, utilise l'espace et le son pour éloigner encore davantage ses personnages. Pendant près de trois heures, ces derniers passent leur temps à se chicaner et à se rapprocher, rappelant qu'il n'y a rien de plus difficile que de vivre en famille. Les quatre interprètes, impeccables et impressionnants, livrent des performances mémorables, offrant notamment à Katherine Hepburn un de ses plus beaux rôles en carrière. Du grand art. ****1/2
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