Véritable film coup de poing, Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau risque de faire jaser dans les chaumières en abordant des sujets importants d'une façon singulière. Je me suis entretenu avec ses cinéastes Mathieu Denis et Simon Lavoie et mon entrevue se trouve dans les pages du Journal Métro.
samedi 4 février 2017
Film du jour: Le chat dans le sac
Parmi les plus importants films québécois se trouve Le chat dans le sac, le chef-d'oeuvre de Gilles Groulx qui interroge la jeunesse et la création d'un pays en devenir à l'aide d'un montage sidérant qui convie cinéma direct, improvisations, tournage en continuité et décors naturels. Notre Nouvelle Vague est née là au détour d'idées et de concepts révolutionnaires qui demeurent brûlant d'actualité. ****1/2
vendredi 3 février 2017
Sorties au cinéma: Le client, Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau, Louise en hiver, Rings, The Comedian, Shepherds and Butchers
Trois films attirent notre attention cette semaine parmi toutes les nouveautés au cinéma.
Après ses excellents Une séparation et Le passé, Asgar Farhadi continue dans Le client à développer des intrigues labyrinthiques sur des individus qui multiplient les mauvaises décision. Malgré une finale qui laisse à désirer, l'ensemble est rondement mené et l'interprétation s'avère de premier ordre. ***1/2
Il en faudrait plus des films québécois comme Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau de Mathieu Denis et Simon Lavoie. Des oeuvres imparfaites et peu subtiles qui sont néanmoins ambitieuses et foisonnantes, autant au niveau des thèmes abordés que du traitement cinématographique. ***1/2
Très jolie animation de Jean-François Laguionie (Le tableau), Louise en hiver suit le destin d'une vieille femme oubliée dans une station balnéaire. Un dessin animé de grande beauté, subtilement poétique et d'une élégante lenteur, où l'âge et la maladie deviennent des métaphores puissantes. ***1/2
Revisitant une franchise qui est morte et enterrée depuis plus d'une décennie, Rings du talentueux J. Javier Gutiérrez n'amène aucun eau nouvelle au moulin. On retient l'agréable introduction, la conclusion malsaine et le grand soin sonore. C'est finalement peu. **
Longtemps en production, The Comedian de Taylor Hackfort sort dans l'indifférence généralisée. Ce n'est guère surprenant tant cette comédie vulgaire sur un humoriste vieillissant est de qualité très variable. Robert De Niro a beau s'amuser, il s'active souvent pour rien. Surtout que la mise en scène est tout simplement horrible. *1/2
Disponible en vidéo sur demande, Shepherds and Butchers d'Oliver Schmitz retrace un procès scandaleux pendant l'Apartheid. Un sujet fort pour un traitement qui ne vole guère plus haut qu'un banal téléfilm. Reste la surprise de voir Steve Coogan dans un rôle sérieux et il ne s'en sort pas si mal! **1/2
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Film du jour: La vache
Le cinéma iranien ne serait probablement pas là où il est actuellement sans La vache, ce film mythique de 1969 de Dariush Mehrjui. Quelque part entre la Nouvelle Vague, le néoréalisme italien et les classiques de Pasolini se dresse cet objet d'art hors norme sur un homme qui devient peu à peu sa vache décédée. Un certain mysticisme plane à l'horizon et on ne peut que se perdre avec un bonheur incommensurable dans ces images de toute beauté. Un avant-goût essentiel au Client d'Asgar Farhadi. ****1/2
jeudi 2 février 2017
Film du jour: The Sword of Doom
Film de samouraïs violent et stylisé qui a influencé beaucoup de gens - le western spaghetti, Peckinpah, Tarantino -, The Sword of Doom de Kihachi Okamoto est un magnifique objet graphique dont les chorégraphies ensanglantées forcent l'admiration. Le scénario plus primaire ne manque pas de profondeur même s'il demeure plus conventionnel et l'ensemble est porté par la performance endiablée de Tatsuya Nakadai qui campe un méchant complexe à souhait qui donne froid dans le dos. ***1/2
mercredi 1 février 2017
Les films préférés de... Éric Tessier
Présent à la fois à la télévision et au cinéma, Éric Tessier a réalisé plusieurs longs métrages assez différents pour le grand écran, que ça soit Sur le seuil, Vendus, 5150 rue des Ormes, Les Pee-Wee 3D. Je l'ai rencontré pour 9-Le film et je lui ai demandé quels étaient ses films préférés. Voici sa réponse...
« C'est un espèce de melting-pot,
toutes sortes de choses. Il y a beaucoup de cinéma à la télévision ces
temps-ci, plein de vieilles affaires que j’ai revues. J’ai revu des vieux films
de Rohmer qui me font capoter. Je n’en reviens pas qu’il fasse ça. J’ai revu L’amour l’après-midi. Attends-là. Pour
moi ça marche et j’ai les deux bras qui me tombent. J’aime ça! Mais je ne
ferais jamais une affaire de même. Il y a quelque chose de magique qui se
passe. Ce n’est pas plate: c’est le fun, c’est sexy.
En même temps, là vite,
aujourd’hui, tu me poses la question... j’aime beaucoup les films d’Haneke comme Funny Games. Je ne pense pas que je vais
le revoir, mais je n’en reviens pas de ce film-là. J’aime beaucoup Amour de Haneke. J’aime les propositions
qui sont très daring et moi je me
trouve très petit à côté de ça. Je pense que je n’ai pas encore eu ma crise
d’adolescence. Un moment donné, je vais faire quelque chose de débile. Je vais
me donner la permission de le faire.
J’ai
vu Kubo récemment, le film de stop-motion et je suis tombé par terre.
Ils sont malades mentaux à faire ça. C’est fou raide. »
Film du jour: La question humaine
Présenté ce soir à la Cinémathèque québécoise dans le cadre de la rétrospective accordée au cinéaste Nicolas Klotz, La question humaine est certainement le film le plus essentiel de son cinéaste. Une plongée hallucinante au sein du capitalisme sauvage et des golden boys, qui offre un détour surprenant envers la plus grande tragédie du 20e siècle. Une oeuvre forte, sans doute inégale mais incarnée royalement par Mathieu Amalric qui s'offre une inoubliable scène de danse. ***1/2
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