lundi 9 août 2010

DVD: À l'origine, Date Night, Death at a Funeral


Une étrange semaine de cinéma maison avec la sortie de plusieurs films qui arrivent directement en format DVD. Dans le lot, je promets de revenir sur Triage, le dernier long métrage de Danis Tanovic (No Man's Land) qui met en vedette Colin Farrel.

En attendant, il ne faudrait surtout pas manquer À l'origine de Xavier Giannoli sur ce petit malfrat qui décide, du jour au lendemain, d'aller construire une autoroute au milieu de nul part. Mise en scène songée, très belle partition musicale, scénario béton et interprétation sans faille de François Cluzet: voilà probablement un des meilleurs titres français de l'année.

Avec une distribution comportant les génies comiques Tina Fey et Steve Carell, il fallait s'attendre bien plus de Date Night de Shawn Levy qui n'est qu'une comédie extrêmement légère sur un couple qui se fait poursuivre dans les rues de New York par des méchants. Divertissant par moments, et oubliable le reste du temps.

C'est toutefois mieux que l'horrible remake Death at a Funeral de l'ancien talentueux réalisateur Neil LaBute. Sans doute qu'il est possible de rire aux larmes lors d'un enterrement, sauf qu'il faudrait passer son chemin et s'éloigner de ce produit qui cumule les farces pipa-caca-pet-vomi à la vitesse de l'éclair.

Entrevues Mesrine


Le diptyque Mesrine prend finalement l'affiche au Québec! Pour souligner la sortie du premier tome, L'instinct de mort, qui se déroule en partie de ce côté de l'Atlantique, je me suis entretenu avec Roy Dupuis et Gilbert Sicotte qui défendent deux rôles secondaires mais nénamoins importants.

Pour leur parler, rien n'était simple. À la première du film lors de la dernière journée du Festival Fantasia, les journalistes et photographes affluaient de partout. Rajoutez à cela un peu de retard et quelques obligations inhérentes au métier (eh oui, le pouvoir de la télévision semble encore et toujours l'emporter devant la radio et la presse écrite) et vous obtenez parfois une longue période d'attente. Mais bon, cela valait finalement la peine. Surtout pour attraper les deux longs métrages un à la suite de l'autre sur un grand écran de cinéma.

Mes entrevues complètes se trouvent ICI.

vendredi 6 août 2010

Rétrospective Kurosawa, Metropolis, Get Low, Solitary Man, The Other Guys, Step Up 3D


Le cinéma du Parc se déchaîne cette semaine en puisant ardemment dans le passé.

Tout d'abord par une fabuleuse rétrospective d'Akira Kurosawa. Au programme, plusieurs dizaines de ses films, dont 15 copies 35 MM. L'occasion est donc idéale d'admirer ses chefs-d'oeuvre légendaires sur grand écran (Rashomon, Yôjimbô, Ran, Ikiru, Les sept samouraïs) ainsi que découvrir plusieurs essais moins connus. Une grande période de plaisir qui ne se termine pas avant le 2 septembre!

Les cinéphiles qui ont manqué l'évènement phare de la dernière édition de Fantasia (Metropolis à la Place des Arts avec le grand orchestre et tout) obtiennent une seconde chance. En effet, le classique de Fritz Lang est de passage au Parc avec ses 25 minutes supplémentaires. Une version complète et définitive d'un titre phare du septième art, cela n'arrive pas tous les jours.

Sur le plan des sorties régulières, deux grandes interprétations permettent à des longs métrages de faire parler d'eux. En ermite qui aimerait régler ses comptes avant qu'il ne soit trop tard, Robert Duvall est tout simplement stupéfiant. C'est sa performance, et celle de Sissy Spacek et de Bill Murray, qui font de Get Low (critique) d'Aaron Schneider un récit intriguant, drôle et comique malgré ses quelques longueurs.

C'est également Michael Douglas qui transcende Solitary Man (critique) des réalisateurs Koppelman et David Levien. L'ancienne icône hollywoodienne trouve là un rôle en or qu'il connaît par coeur, campant à la perfection un vieux séducteur qui laisse ses pulsions guider sa raison. Pertinent, le récit captive jusqu'à la fin, qui se veut ultimement décevante.

Si la bande-annonce et les affiches de The Other Guys (critique) d'Adam McKay laissaient présager le pire, le résultat est tout de même intéressant. Cet hilarant pastiche de films policiers est ponctué de nombreux numéros rigolos qui font presque oublier le piètre fil conducteur de l'intrigue où deux détectives tentent de se faire valoir. Le duo formé de Will Ferrell et de Mark Wahlberg fonctionne y est particulièrement efficace.

Les adolescents ne voudront pas manquer Step Up 3D (critique) de John M. Chu, le nouveau tome de la populaire série. L'intrigue rudimentaire (deux équipes s'affrontent lors d'un concours de danse) n'est qu'un prétexte pour multiplier les numéros et la grosse musique. Beaucoup de bruit pour rien, surtout que les chorégraphies et les mélodies ne brillent pas par leur originalité. Il n'y a en fait qu'un feu d'artifice de placements de produits et de messages éducatifs.

jeudi 5 août 2010

Entrevues avec les artisans de Filière 13


Pour conclure avec la sortie du nouveau film québécois Filière 13, voici mes entrevues réalisées avec le réalisateur Patrick Huard et les comédiens Claude Legault, Guillaume Lemay-Thivierge et Paul Doucet.

Le film est peut-être terriblement ordinaire, mais tout le monde s'avère extrêmement sympathique. Même que, personnellement, je préfère lire quelques-unes de leurs interventions (sur l'homme québécois ou les policiers par exemple) que de repenser au long métrage en question!

Mon entrevue complète se trouve ICI.

Et en exclusivité sur le blogue une réponse de Patrick Huard sur la présence d'une photographie de Tony Conte dans Filière 13, ce qui s'avère un délicieux clin d'oeil en sachant que l'acteur apperçu dans Omerta et Virginie a eu par le passé quelques problèmes avec les forces de l'ordre:

«Tony et moi on a des amis communs, on s’est déjà rencontré. Je savais qu’il avait des problèmes et tout ça. Je l’avais invité sur Taxi 22 pour jouer le rôle d’un gars qui opérait une maison funéraire un peu croche. Quelques mois après sont arrivés ces évènements-là. Quand j’ai lu le scénario, je savais que Tony était sorti. Je me disais que c’était peut-être une occasion pour lui de dédramatiser cela.»

«Tout le monde est responsable de ses actes dans la vie, mais des fois des gens ne se rendent pas compte de la cruauté du métier d’acteur. Tu peux être une méga star en 1993 et ne pas être capable de trouver du travail et de gagner ta vie en 1995. C’est ça la vérité. Particulièrement ici. On ne vit pas aux États-Unis ou en France où un acteur qui connaît cinq, six ou sept ans de succès a son avenir assuré. Ici, ça n’existe pas. Il faut se lever le matin et travailler. Je suis quelqu’un qui connaît du succès depuis 21 ans, qui gagne super bien sa vie. Mais je dois quand même me lever tous les matins et rentrer travailler.»

«Il y a des gens avec qui je me sens des affinités et je suis quelqu’un de loyal. Tony a toujours été très correct avec moi et je trouvais que c’était une façon d’y renvoyer l’ascenseur.»

mercredi 4 août 2010

Retour sur Filière 13


On se fait un devoir d'assister à tous les films québécois, des titres obscurs aux grosses productions commerciales. Souvent la qualité y est, parfois pas, mais généralement, il y a toujours quelque chose d'intéressant qui en ressort. C'est difficilement le cas de Filière 13, la nouvelle réalisation de Patrick Huard.

Déjà que Les 3 P'tits cochons n'était pas très convaincant, ce nouveau titre traite encore plus superficiellement du malaise des mâles québécois à travers trois flics en pleine déchéance. Malgré sa distribution de choix (Guillaume Lemay-Thivierge, Paul Doucet, Claude Legault) et son budget confortable, le résultat croule sous les stéréotypes et les farces douteuses, des moments absurdes qui ne fonctionnent guère et d'autres plus dramatiques qui s'écrasent lamentablement.

Mais bon, c'est un film québécois, alors le mot d'ordre n'est qu'en dire que du bien. Lorsqu'on cherche à faire le contraire, on se fait rabrouer comme le chroniqueur de La Presse. Sans doute que la réalisation est inutilement tape à l'oeil, sauf que le scénario écrit à quatre mains est encore plus désolant et insultant.

D'un côté on veut que les films d'ici fassent beaucoup d'argent afin que ce succès serve à encourager un cinéma plus délicat, plus difficile. De l'autre, si c'est le cas de Filière 13, cela va donner une raison de refaire quelque chose de similaire, d'appliquer à nouveau cette recette indigeste mais gagnante, car il y a un public qui le consomme. Épineux dilemme en perspective.

En attendant, ma critique complète se trouve sur le site Lecinema.ca en cliquant ici.

mardi 3 août 2010

DVD: Un prophète, Kick-Ass, The Ghost Writer, A Private Function, Le hérisson, LOL, Diary of a Wimpy Kid


Plein de nouveaux dvd de genres différents sont disponibles ce mardi.

S'il y a un seul titre à conseiller, il s'agit facilement du grandiose Un prophète, cette expérience carcérale de Jacques Audiard. Magnifiquement réalisé et interprété, ce portrait d'un petit malfrat qui fera sa place au soleil est un plaisir incommensurable.

Hilarante comédie qui se moque du culte des superhéros, Kick-Ass de Matthew Vaughn mélange allègrement récit entraînant, grosse violence graphique et personnages savoureux. Attention au tandem Chloe Moretz et Nicolas Cage qui fera des flammèches!

Roman Polanski s'inspire fortement de son illustre Chinatown pour offrir The Ghost Writer, un suspense parsemé de beaucoup d'humour noir sur la tâche colossale d'un écrivain qui doit écrire les mémoires d'un ancien politicien. Bien fait mais prévisible, Pierce Brosnan vole aisément la vedette au pauvre Ewan McGregor.

Féroce comédie britannique des années 1980, A Private Function de Malcom Mowbray suit les tracas de quelques individus qui cherchent à s'emparer d'un cochon en période de restriction alimentaire. Une charge féroce et sardonique contre le pouvoir en place.

Pour prendre un certain plaisir à l'adaptation cinématographique Le hérisson de Mona Achache, il ne faut surtout pas le comparer au populaire roman. Cela permet de mieux apprécier cette jolie histoire d'une petite fille qui aimerait bien mourir. Touchant et sincère.

Une romance adolescente qui détourne les clichés avec plaisir? Il s'agit bien de LOL de Lisa Azuelos , ce petit film inoffensif qui déborde de vie et de personnalité. Sophie Marceau et Christa Theret sont charmantes en mère et fille qui passent leur temps à s'engueuler.

Comme il faut bien une déception, cette semaine elle s'apparente à Diary of a Wimpy Kid, un récit superficiel que même les jeunes enfants ne voudront pas regarder jusqu'à la fin. Comment peut-on les plaindre devant ce synopsis sans attrait d'un jeune garçon qui cherche à être populaire? Un seul mot: ZZZZZ

dimanche 1 août 2010

Décortiquer Inception


Le film de l'heure - de l'année? - demeure pour une troisième semaine consécutive Inception de Christopher Nolan et les cinéphiles sont nombreux à essayer de le décortiquer et de l'analyser dans tous les sens. Voici quelques pistes de réflexion (maison, rien de moins) pour modifier - ou non - la perception du spectateur...

Rêve ou réalité? Et si la question n'était pas là, qu'elle ne se posait même pas? Et si tout le film est une représentation mentale de Cobb (le personnage de Leonardo DiCaprio)? Il tourne en rond depuis des années, il recherche sa femme disparue (qui est effectivement ailleurs) et il aimerait trouver un moyen pour s'en sortir.

Comme une âme perdue, il a besoin d'un moyen pour l'oublier (mais est-ce qu'il le veut vraiment?) et, du coup, «rentrer à la maison» pour «rejoindre ses enfants». Hors cette dernière quête représente plutôt la sérénité. Arrêter d'errer sur terre (et de rêver) et accéder à une autre phase de son être. Car si le corps n'y est plus vraiment, l'esprit continue à divaguer.

La seule méthode de se délivrer de sa culpabilité est de trouver un sens à ses actions. Ce n'est pas un hasard si les différents personnages ne pas pratriquement pas développés: ce sont toutes des facettes de son être. Et le véritable fil d'Ariane ne se trouve pas dans la toupie (qui sert uniquement à savoir si l'individu se trouve dans le rêve de quelqu'un d'autre... alors que ce n'est même pas la toupie de Cobb!), mais plutôt dans le personnage... d'Ariadne campée par Ellen Page.

Elle représente la raison du protagoniste. Elle saisit mieux que quiconque ce monde fantastique, elle dessine les labyrinthes en prenant soin de ne jamais les montrer à Cobb, et elle est toujours en sa compagnie. Dès qu'il trouve sa raison, le protagoniste s'engage dans une ultime mission... tout en rappelant, dans l'ascenseur des souvenirs, à quoi Ariadne risque d'affronter.

Ironiquement, lorsque le jeune héritier se fait tirer par Mal, c'est Ariadne qui propose d'aller le secourir au Tartares, dans les limbes. Malgré toutes les erreurs et les risques exercés par les sentiments de Cobb, c'est la raison qui prend la décision d'accéder au monde le plus bas. Et elle décide de revenir en haut, laissant le personnage de DiCaprio seul avec Mai. Ils ne forment plus qu'un, et il a la légitimité de sa raison. Il a réparé le passé, son âme peut arrêter d'errer un peu partout.

La finale n'est donc pas un rêve ou la réalité. C'est le passage vers une autre étape. Elle est cependant positive pour le héros, qui lui permet d'évoluer vers quelque chose de plus grand. Ce sont les bons souvenirs plutôt que les mauvais qui ont pris le dessus, comme le rappelle un personnage pendant le film. Et c'est tout ce qui est important.