Sorte de version satirique de ses classiques Rosemary's Baby et Repulsion, Le locataire de Roman Polanski revisite les thèmes de prédilection de son auteur (la peur des autres qui rendrait fou n'importe qui, cette sensation d'étouffer dans le système, etc.) avec un humour subtil qui pourrait échapper à plusieurs spectateurs. De fait, si cette nouvelle mouture n'est pas à classer parmi les plus grandes de son réalisateur, elle pose d'excellentes questions sur la façon de vivre avec les autres et de se conformer à la société. Ce que désire ardemment le héros (interprété par Polanski lui-même) en déménageant dans un nouvel appartement, mais ce que personne ne lui permet de faire. Un film en demi-teinte, légèrement trop long pour son propre bien, qui amuse et terrifie au même moment. ***1/2
jeudi 5 janvier 2012
mercredi 4 janvier 2012
À voir en 2012 (si c'est possible)
Un des inconvénients des palmarès de 2011, c'est qu'ils ne tiennent pratiquement jamais compte des films vus dans les festivals et qui sortiront en 2012... ou même jamais! Au cas il est possible de voir ces longs métrages, voici mon top 10 des meilleurs longs métrages de 2011 et qui sont, pour le moment, introuvables sur le territoire québécois.
1. The Turin Horse: Un nouveau chef-d'oeuvre de la part de Bela Tarr, qui est même supérieur à The Tree of Life, notre numéro 1 de l'année 2011. C'est tout dire!
2. Une séparation: Un film poignant et courageux sur le rapport de classes en Iran. Un Oscar du meilleur film étranger?
3. Once Upon a Time in Anatolia: Une fresque captivante et visuellement splendide, qui mérite pleinement l'investissement du spectateur.
4. Faust: Un Sokourov complètement disjoncté et hors-norme. Une véritable expérience cinématographique.
5. Polisse: Un drame choc et réaliste sur l'univers des flics.
6. Guilty of Romance: Sion Sono qui traite de l'émancipation féminine à grand coup de perversion, de sexe et d'hémoglobine. Qui a dit comme d'habitude?
7. Tomboy: Un regard sensible sur l'enfance et l'identité. Par la réalisatrice de l'excellent La naissance des pieuvres.
8. The Silence: Le doute et le malaise s'installent et ils ne disparaissent jamais dans cette production présentée à Fantasia.
9. Pater: Une oeuvre politique verbeuse et expérimentale qui ne ressemble à rien d'autre.
10. Love: Une odyssée intemporelle qui enivra à coup sur les cinq sens. Un autre de ces délires typiques de Fantasia.
Film du jour: Tess
Puisque le nouveau film de Roman Polanski prend l'affiche ce vendredi, l'occasion est idéale de faire une mini-rétrospective de ses oeuvres et de revenir sur des titres moins connus de sa filmographie. En pleine déroute sur un plan personnel et professionnel, il renaissait de ses cendres en 1979 avec Tess, une adaptation d'un roman de Thomas Hardy. Magnifiquement mis en image mais de façon terriblement classique et conventionnelle, le réalisateur a préféré resté en retrait au lieu d'embrasser la totalité de ses thèmes, ce qui donne trois heures qui sont un véritable plaisir pour les yeux et les oreilles... et qui finissent par laisser de la glace. Cela dit, cet élégant mélo risque de plaire à un très large public, ce qui n'était pas nécessairement le cas des précédentes offrantes de son créateur. ***1/2
mardi 3 janvier 2012
DVD: The Guard, Don't Be Afraid of the Dark, Contagion, Pour l'amour de Dieu, Snow & Ashes, Shark Night, I Don't Know How She Does It
L'année 2012 se met tranquillement en branle avec sa première cuvée de films qui sortent en DVD et en Blu-ray. Les choix sont nombreux cette semaine...
The Guard de John Michael McDonagh innove dans sa façon de reprendre la traditionnelle formule de deux flics qui sont aux antipodes l'un de l'autre. Il y a de la profondeur derrière l'humour et l'action, et le choix de Brendan Gleeson pour incarner le rôle titre est tout simplement prodigieux. ***1/2
Les frissons sont surtout psychologiques dans Don't Be Afraid of the Dark, une histoire d'entités maléfiques qui est joliment réalisée par Troy Nixey. On sent toutefois l'influence de Guillermo del Toro dans pratiquement tous les plans, ce qui n'est pas une mauvaise chose en soi. ***1/2
Steven Soderbergh fait appel à de nombreuses stars dans Contagion, son récit apocalyptique sur un virus planétaire. Le sujet n'est guère original, mais le traitement volontairement froid et la musique appropriée font passer un bon moment. ***1/2
Le meilleur effort de Micheline Lanctôt depuis des lustres, Pour l'amour de Dieu traite d'un amour interdit. Malgré un budget modeste, on embarque allègrement dans cette romance religieuse qui se déroule à une autre époque. ***
Les ambitions sont également élevées dans Snow & Ashes de Charles-Olivier Michaud qui aborde l'amitié de deux photographes de guerre. La mise en scène élaborée y est surprenante, et la distribution impeccable fait oublier le scénario qui aurait pu être un peu resserré. ***
L'horreur et l'absurde ne font pas nécessairement un bon ménage dans Shark Night de David R. Ellis, une parodie sur des requins qui déciment des adolescents écervelés. Il y a bien quelques gags potables, mais le reste s'avère plutôt embarrassant. **
Sorte de confiserie sucrée qui vient accompagnée d'un message ultra-conservateur, I Don't Know How She Does It de Douglas McGrath est une romance horripilante sur une femme qui «sacrifie» son existence à travailler ET à élever des enfants. Ce n'est pas drôle, sa vie... *1/2
Film du jour: Grizzly Man
Depuis le début du nouveau millénaire, la touche de Werner Herzog a surtout été intéressante à suivre dans le documentaire. En attendant le troublant et éblouissant Into the Abyss qui prendra l'affiche dans quelques semaines, il faudra se replonger dans son essentiel Grizzly Man pour voir à quel point le cinéaste se plaît à ressasser ses thèmes de prédilection (retour à la nature, pression de la société qui isole les gens et les dérange profondément, etc.) tout en les renouvelant au passage. Cette fois, il met en lumière la véritable existence d'un homme passionné par les ours qui y perdra même sa vie. L'essai fait rire et pleurer, bouleversant les certitudes, offrant plus de questions que de réponses. Un document atypique qui en dit long sur l'être humain, ses passions et ses folies. ****
lundi 2 janvier 2012
Les 10 plus grands flops de 2011
2012 est peut-être commencé, mais il reste encore quelques palmarès de 2011! Voici aujourd'hui un top 10 des plus grands flops cinématographiques de l'année dernière.
Il est possible de lire mon texte ICI.
Il est possible de lire mon texte ICI.
Film du jour: Les enfants du paradis
Souvent reconnu comme le meilleur film français de tous les temps, Les enfants du paradis que Marcel Carné a réalisé pendant la Seconde Guerre mondiale est tout ce que devrait représenter le septième art: un mélange d'émotions et de romantisme, de rires et de drames, où les enjeux s'inscrivent parfaitement dans son époque tout en étant, ironiquement, universel. C'est ce qui est au menu de ce grand classique indémodable qui propose également un scénario complexe et des dialogues brillants de Jacques Prévent, une mise en scène fabuleuse et fluide, ainsi que de nombreux personnages attachants qui sont incarnés par de formidables comédiens. Il s'agit donc de trois heures de grand cinéma, à voir et à revoir le plus souvent possible. *****
S'abonner à :
Messages (Atom)







