samedi 30 avril 2011

Entrevue: La Princesse de Montpensier


De tous les réalisateurs, le vénérable Bertrand Tavernier est certainement un des plus intéressants à parler. Bible de cinéma, il est possible de s'entretenir avec lui pendant des heures sans s'ennuyer.

Voici qu'il nous parle de son dernier film, La Princesse de Montpensier, en abordant le choix du sujet, ce que représente l'héroïne, l'accueil reçu à Cannes en 2010 et les possibilités de la trois dimension.

Mon entrevue complète se trouve ici.

Film du jour: The Third Man


Film le plus connu du mythique cinéaste anglais Carol Reed, The Third Man (1949) est l'exemple parfait de l'excellent opus populaire à la Hitchcock qui possède tous les éléments pour marquer à jamais les esprits. L'histoire tordue d'un mystérieux décès pendant la Guerre Froide est en constante équilibre entre le drame et la parodie notamment pas l'utilisation de l'inoubliable musique d'Anton Karas, l'humour y est omniprésent, le noir et blanc est tout simplement magnifique et l'interprétation (de Joseph Cotten, d'Orson Welles que l'on ne voit presque pas) demeure de premier ordre. Un titre déroutant et fascinant qui se plaît à mélanger les cartes. Cela tombe bien, ce classique repasse toute la semaine au Cinéma du Parc. *****

vendredi 29 avril 2011

Un monde meilleur, Bill Cunningham New York, La Princesse de Montpensier, Fast Five, Prom, Hoodwinked Too! Hood VS. Evil


Une semaine qui ne fera pas de jaloux: il y a de tout pour tous les goûts, autant de l'action que des drames, une animation, un documentaire et même un film à Oscar.

Lauréat de l'Oscar du meilleur film étranger devant Incendies, Un monde meilleur de Susanne Bier est loin d'être son meilleur effort en carrière. Sa façon de parler de violence, de vengeance et de rédemption entre deux familles et deux continents se veut parfois lourde et appuyée. Heureusement elle peut compter sur sa superbe mise en scène et sa parfaite direction d'acteurs pour la sortir du pétrin.
Critique

Très intéressant documentaire sur un photographe de mode, Bill Cunningham New York de Richard Press est également un portrait de sa ville et une déclaration d'amour sur la quête du beau qui doit prendre le dessus sur les impératifs commerciaux.
Critique

Même dans ses essais plus ordinaires comme La Princesse de Montpensier, le vénérable cinéaste Bertrand Tavernier insuffle à son récit classique (la passion d'une femme à une époque où elle ne pouvait pas choisir par elle-même) une réalisation vigoureuse, des dialogues précis et un soin constant accordé aux détails. On espère toutefois que le prochain lèvera davantage...

Fast Five de Justin Lin annonçait une lutte à finir entre Vin Diesel et Dwayne Johnson. Au lieu d'un plaisir coupable de cinéphiles adeptes des gros titres musclés, on se retrouve avec un ersatz d'Ocean's Eleven au sein de gentils méchants qui n'ont aucune chimie entre eux. Un effort beaucoup trop long qui aurait dû moins se prendre au sérieux.
Critique

Qui n'aime pas les productions pour adolescents des années 1980 à la Pretty in Pink? Prom de Joe Nussbaum cherche tellement à leur ressembler... mais en y donnant un filtre à la High School Musical. Cela donne un long métrage moralisateur aux situations convenues et aux comédiens peu inspirés dans des rôles ingrats. Mieux vaut revoir les originaux qui sont tellement plus sympathiques.
Critique

Environ une animation prend l'affiche à chaque semaine. Qui voudra alors aller voir Le retour du Petit Chaperon rouge de Mike Disa avec son histoire mal développée (il faut sauver Hansel et Gretel), son humour qui tombe à plat et ses personnages d'une rare fadeur? Même les dessins ne sont pas très beaux. Il est encore temps d'attraper Rango et Rio.
Critique

Film du jour: La cité des enfants perdus


Eh dire que j'avais prévu parler d'un film sur un mariage royal... ce sera pour une prochaine fois! Après le grand succès mérité de Delicatessen, Jeunet et Caro récidivent avec La cité des enfants perdus, un conte moderne à l'esthétisme à couper le souffle mais également au scénario particulièrement laborieux. De quoi rester un peu en retrait de cet univers fou et disjoncté qui ne semble exister que pour lui-même. Mais bon, c'est tellement beau qu'il n'y a pas de mal à vouloir aller s'y plonger de temps en temps. ***

jeudi 28 avril 2011

Film du jour: Things We Lost in the Fire


Sorte de variation sur son propre Open Hearts, Things We Lost in the Fire est la première excursion de Susanne Bier en territoire américain. On reconnaît clairement le style de son auteure (abondance de plans rapprochés) et ses sujets fétiches (le deuil, le rapprochement dans la souffrance) au sein de ce titre réalisé en 2007. Même si on sent la redite au niveau des thèmes et du traitement (chassez ce mélo et il revient au galop), le récit est tout de même un beaume sur le coeur grâce à l'interprétation forte de Benicio Del Toro et d'Halle Berry. ***1/2

mercredi 27 avril 2011

Film du jour: Après la noce


Probablement l'essai le plus déchirant de la filmographie de Susanne Bier, Après la noce réalisé en 2006 a été mis en nomination aux Oscars dans la catégorie du meilleur film étranger. Même s'il est reparti bredouille, cet essai sur l'amour, la vie et la mort continue d'hanter le spectateur par son ton authentique et le désarroi de ses interprètes. La réalisation extrêmement efficace compense pour ces quelques excès mélodramatiques qui sont la marque de commerce de sa réalisatrice. ****

mardi 26 avril 2011

DVD: El Topo, The Holy Mountain, Coeur animal, Casino Jack, Le roi de l'évasion, L'amiral


La pluie s'installe toute la semaine, ce qui signifie que c'est le moment idéal de rester à la maison et de se louer/acheter des films.

Cela tombe bien, c'est aujourd'hui que sort en version Blu-ray les films cultes El Topo et The Holy Mountain d'Alejandro Jodorowsky. Ces titres aussi réjouissants que déconcertants s'adressent aux cinéphiles qui veulent une forme de cinéma nouvelle qui s'éloigne des chemins battus. Il faudra en profiter, car ce septième art est de moins en moins répandu de nos jours.

Long métrage âpre sur un homme-fauve qui fait vivre l'enfer à son entourage, Coeur animal de Séverine Cornamusaz n'est pas un titre évident à aimer. De la tendresse émane pourtant de ce sonbre tunnel, provenant généralement de ses excellents comédiens (Olivier Rabourdin, Camille Japy).

Malgré son sujet intéressant et sa distribution de choix (qui comprend Kevin Spacey et Barry Pepper), Casino Jack de George Hickenlooper tarde à captiver. Peut-être est-ce la faute de sa mise en scène téléguidée, de ses thématiques (politique et économie) peu approfondies ou de son humour inégal.

Dans ses meilleurs moments, Le roi de l'évasion d'Alain Guiraudie est une oeuvre complètement absurde et décalée qui fait beaucoup de bien. Le reste du temps, il s'agit d'un récit prometteur mais un peu quelconque sur les amourettes interdites entre un homme de 43 ans et une adolescente de 16 ans. Comme si le réalisateur ne se permettait pas d'y aller à fond, surtout lors de la première partie.

Autant le cinéaste Andrei Kravchuk arrivait à toucher les cordes sensibles sur son précédent The Italian, autant il ne peut qu'ennuyer avec L'amiral, une commande patriotique sur les amours déchus d'un homme de combat pendant la révolution russe. Énorme succès commercial dans son pays d'origine, ce luxueux téléfilm à la romance inopérante se révèle sans âme.