dimanche 10 janvier 2016

Choix et prédictions pour les Golden Globes

La cérémonie des Golden Globes se déroule ce soir et elle est à nouveau tenue par Ricky Gervais qui en est à sa quatrième animation. Comme à chaque année, voici mes choix personnels et mes prédictions pour cette soirée très glamour...

Meilleur film - drame
Les poids lourds sont nombreux avec les excellents Spotlight, Room et The Revenant. Le coeur va avec  le magnifique Carol, mais on voudra sûrement récompenser Mad Max: Fury Road d'avoir revitalisé le film d'action. Peut-être va-t-on couper la poire en deux et opter pour Spotlight, ce qui serait toujours une bonne idée.

Meilleure actrice - drame
Même si elle est en compétition avec sa collègue Cate Blanchett, Rooney Mara est vraiment dans une classe à part avec Carol. Mais avec les Globes, rien n'est certain et Brie Larson magistrale dans Room et Saoirse Ronan honnête sans plus dans Brooklyn risquent de l'éclipser.

Meilleur acteur - drame
Will Smith trouve le rôle de sa carrière dans un film correct sans plus (Concussion). C'est également le cas de Bryan Cranston (Trumbo) et Eddie Redmayne (The Danish Girl). Alors la lutte se fera entre Leonardo Dicaprio (l'éblouissant The Revenant) qui le mérite tant et Michael Fassbender (le surestimé Steve Jobs) qui n'a pas nécessairement fait l'humanité. Go Leo!

Meilleur film - comédie et musical
La compétition est tellement terne dans cette catégorie que The Martian (qu'est-ce qu'il fait là celui-là?) risque de l'emporter. Dans tous les cas, mieux vaut Trainwreck avant Spy, tout sauf Joy et ce serait vraiment drôle si la satire The Big Short se hisse au sommet. Ce serait même la meilleure des choses.

Meilleure actrice - comédie et musical
Lili Tomlin est géniale dans Grandma, plus que le film. On pourrait presque dire la même chose des hilarantes Amy Schumer (Trainwreck) et Melissa McCarthy (Spy). Mais comme les Globes adorent Jennifer Lawrence (le seul bon élément de Joy), on a peur. Maggie Smith (The Lady in the Van) pourrait toutefois causer la surprise. Sauf qu'on n'a pas vu le long métrage qui n'a pas encore été distribué au Québec...

Meilleur acteur - comédie et musical
Une drôle de catégorie, où les exquis Steve Carell et Christian Bale risquent de s'annuler (ils sont tous les deux nommés pour The Big Short), où Al Pacino en a surpris plus d'un avec Danny Collins et où il n'y a pas suffisamment de personnes qui ont vu l'immense Mark Ruffalo dans Infinitely Polar Bear. Alors ça risque fort d'être Matt Damon pour The Martian (et ce n'est pas nécessairement une bonne chose).

Meilleure animation
Inside Out. Il n'y a aucune compétition de ce côté. C'est toutefois dommage pour Anomalisa qui est très intéressant aussi.

Meilleur film en langue étrangère
Le fils de Saul. Un choix incontestable. The Club et Mustang, malgré leurs grandes qualités, ne parviendront pas à le chauffer. Mais qui diable a sélectionné le quelconque Le tout nouveau testament?

Meilleure actrice de soutien
Jennifer Jason Leigh est étonnante dans The Hateful Eight. La seule compétition qui puisse exister est de la part de Kate Winslet, très solide dans Steve Jobs.

Meilleur acteur de soutien
Michael Shannon enflamme l'écran dans 99 Homes et il mérite toutes les distinctions. Sauf que les Globes iront certainement avec Sylvester Stallone, émouvant dans Creed.

Meilleur réalisateur
Todd Haynes (Carol) et Tom McCarthy (Spotlight) ont adopté des mise en scène minutieuses, parfaitement adaptés à leurs sujets. Elles risquent toutefois de rester dans l'ombre devant les objets beaucoup plus stylisés de George Miller (Mad Max: Fury Road) et surtout d'Alejandro G. Inarritu (The Revenant).

Meilleur scénario
Ils sont tous excellents (Room, Spotlight, The Big Short, Steve Jobs, The Hateful Eight), mais allons-y avec le plus essentiel: celui de Spotlight.

Meilleure trame sonore
En omettant The Danish Girl, les quatre autres sélections méritent une statuette (The Revenant, The Hateful Eight, Carol, Steve Jobs). Voir le grand Ennio Morricone sur scène pour The Hateful Eight serait toutefois un beau moment. On aurait tant aimé qu'It Follows reçoive une nomination...

Meilleure chanson originale
"One Kind of Love" de Love and Mercy. Mais par défaut, car la compétition est assez terne.

Film du jour: The Ladykillers (1955)

Bien avant l'ennuyante version des frères Coen, il y a eu The Ladykillers d'Alexander Mackendrick, cette délicieuse comédie noire sur des malfrats qui commettent un audacieux vol de banque avant de mordre la poussière à cause d'une vieille femme excentrique. Subtile, mordante et absurde, cette comédie va droit au bout sans se perdre en chemin et elle peut compter sur un casting exemplaire (qui comprend Alec Guinness et Peter Sellers) pour dilater aisément la rate. ***1/2

samedi 9 janvier 2016

Film du jour: Wings (1966)

Fabuleux premier long métrage de Larisa Shepitko, une prometteuse cinéaste ukrainienne qui est décédée beaucoup trop tôt, Wings est un film fait de mélancolie et de solitude sur une directrice d'école qui est nostalgique de son passé alors qu'elle était pilote russe pendant la guerre. Sans payer de mine, le récit réalisé avec minutie finit par aborder des thèmes essentiels et sa finale crève-cœur en dit long sur la condition de son héroïne et celle de sa société incertaine. Dans le rôle principal, Maya Bulgakova est tout simplement phénoménale. ****

vendredi 8 janvier 2016

Sorties au cinema: The Revenant, Oncle Bernard – L’anti-leçon d’économie, Ingrid Bergman : In Her Own Words, The Forest

2016 se réveille lentement avec un excellent film, deux documentaires forts intéressants et une mauvaise production horrifique.

L'équipe derrière le sublime Birdman (Inarritu à la réalisation et Lubebezki à la photo) est de retour avec The Revenant, une oeuvre féroce, violente mais magnifique où DiCaprio trouve un de ses plus beaux rôles en carrière. Pour les amateurs d'Herzog, de Malick et de von Stroheim et de grosses productions américaines d'auteurs comme Noah, Gravity et Interstellar. ****

Essai extrêmement pertinent où le regretté Bernard Maris vulgarise des données nécessaires avec humour et mordant, Oncle Bernard - L'anti-leçon d'économie de Richard Brouillette capte également l'envers du décors des entrevues. Une belle leçon de cinéma. ***1/2

Ingrid Bergman: In Her Own Words de Stig Bjökman puise au sein des nombreux journaux intimes de la grande star hollywoodienne pour retracer un parcours d'exception qui est narré par ses propres enfants et porté par la judicieuse trame sonore de Michael Nyman. Sensible mais un brin trop académique. ***

Comme à chaque année, il y a un suspense d'épouvante douteux qui sort sur les écrans. 2016 est placé sous le sceau de The Forest de Jason Zada, une création sans aucun réel frisson qui se déroule au Japon mais qui n'exploite nullement le berceau horrifique de ce pays. L'exercice en devient rapidement vain. **

Film du jour: Le regard d'Ulysse

Chef-d'oeuvre trop souvent oublié des années 90, Le regard d'Ulysse est une fresque inestimable, une des plus grandes de Theo Angelopoulos. À travers ce récit d'un cinéaste en crise existentielle qui retourne chez lui pour mieux trouver un pays ravagé par la guerre, le cinéaste traite d'exil, d'oubli et de cinéma avec une tendresse infinie. Fidèle à lui-même, les zooms ravageurs rivalisent avec les plans séquences éblouissants et en héros emprisonné dans un mutisme et une sobriété qui lui va comme un gant, Harvey Keitel trouve son plus beau personnage en carrière. *****

jeudi 7 janvier 2016

Film du jour: Paradise

Tourné en Iran dans l'illégalité, Paradise de Sina Ataelan Dena est une fiction empreinte de documentaire sur une enseignante et ses élèves. Révélateur mais extrêmement répétitif, le film pique la curiosité sans être totalement abouti, s'avérant toutefois un intéressant apéritif en attendant le prochain Panahi ou Kiarostami. Sans doute que les deux prochains tomes de cette future trilogie corrigera ce sentiment de redite au niveau des thèmes. Au Centre Phi. ***

mercredi 6 janvier 2016

Quelques films québécois à voir en 2016

2016 débute à peine qu'on a déjà hâte de voir ses meilleurs films. Quels seront les longs métrages québécois qui se démarqueront cette année? J'ai préparé une liste non-exhaustive à cet effet afin de lancer le bal, en espérant toujours être surpris et ce, de façon positive. Mes choix se trouvent sur le site de Cineplex.